Réfugiés : 75 ans après, la promesse vacille
Adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Convention de 1951 établit un principe fondamental : aucune personne fuyant les persécutions ne doit être renvoyée vers un pays où sa vie ou sa liberté seraient menacées. Ce principe de non-refoulement reste la pierre angulaire de la protection internationale des réfugiés.
Dans une déclaration marquant cet anniversaire, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a rappelé que cette promesse a sauvé des millions de vies et demeure l’une des expressions les plus fortes de notre humanité commune.
Cependant, cette promesse est de plus en plus menacée. Guterres souligne que les conflits se multiplient, les persécutions persistent, et un nombre croissant de personnes sont contraintes de fuir. Parallèlement, le droit de demander l’asile est souvent remis en question, restreint ou refusé. Il insiste sur le fait que la Convention n’est pas une relique d’une autre époque, mais un instrument essentiel pour garantir un accès à la protection et le respect du principe de non-refoulement, sans discrimination.
Le Secrétaire général appelle également à un véritable partage des responsabilités pour soutenir les pays d’accueil, souvent des États aux ressources limitées qui accueillent la majorité des réfugiés dans le monde. Il rappelle que la Convention est née de l’échec de l’humanité à protéger les personnes en détresse et que cet échec ne doit pas se répéter.
Pour célébrer ce 75e anniversaire, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé « La Promesse », une initiative visant à mobiliser un soutien en faveur de la protection des réfugiés jusqu’au Forum mondial sur les réfugiés de 2027. Cette campagne a déjà réuni 75 personnalités de divers horizons, dont des lauréats du prix Nobel, des artistes et des défenseurs des droits humains.
Actuellement, plus de 41 millions de réfugiés vivent loin de leur foyer, alors que les systèmes d’asile sont soumis à une pression croissante. À travers « La Promesse », les signataires affirment que toute personne fuyant la guerre, la violence ou les persécutions doit pouvoir trouver un lieu sûr et bénéficier de solutions durables.
Source : ONU
