C’est quoi le « recyclage immobilier », la nouvelle arme des villes face à la crise du logement ?
Dans le quartier populaire de Villejean à Rennes, deux tours jumelles, construites à la fin des années 1960, sont en pleine transformation. Les immeubles de 15 étages, situés rue du Bourbonnais, sont désossés afin de ne conserver que leur structure. Cette opération, qui s’étendra jusqu’en 2025, vise à répondre à la crise du logement en France, où près de 2,9 millions de ménages attendent un logement social.
André-Yves Lambert, directeur général adjoint d’Espacil Habitat, souligne que la décision de procéder à un recyclage immobilier plutôt qu’à une démolition totale ou à une réhabilitation thermique est motivée par la nécessité de « construire davantage de logements sans manger de foncier ». Honoré Puil, vice-président de Rennes métropole, abonde dans ce sens, en affirmant qu’il est essentiel de « construire la ville sur elle-même ».
Les grands appartements découpés en plus petits
La métropole rennaise a choisi de revoir la typologie des logements pour mieux répondre aux besoins actuels. À l’origine, les appartements de ces tours accueillaient en moyenne quatre personnes, alors que la taille moyenne d’un ménage est désormais de 1,8 personne. Dans cette optique, les grands appartements T4 et T5 seront découpés pour créer des logements plus petits. Ainsi, le projet passera de 165 à 211 logements, permettant une mixité différente.
Le fort potentiel de la surélévation d’immeubles
Pour densifier l’habitat sans occuper davantage de terrain, certaines villes explorent la surélévation d’immeubles. À Rennes, une étude aérienne a révélé que plus de la moitié des 94 000 bâtiments analysés dans les 43 communes de la métropole présentent un potentiel de surélévation. Cette technique, déjà mise en œuvre dans d’autres villes, pourrait offrir des solutions supplémentaires pour accroitre le nombre de logements.
Parallèlement, la transformation de bureaux, commerces ou bâtiments vacants en logements émerge également comme une solution. À Nouvoitou, une ancienne école a été reconvertie en appartements, tandis qu’à Saint-Armel, une ancienne poste a été transformée en résidence. Au total, la métropole rennaise prévoit de livrer 3 000 logements sociaux ou privés issus de ce recyclage immobilier entre 2023 et 2028, représentant 10 % de l’offre de nouveaux logements.
Haro sur les bureaux vides et logements vacants à Paris
À Paris, où la question du logement est une priorité pour la nouvelle municipalité, le recyclage urbain devient crucial. La ville cible principalement les bureaux vides et les logements vacants, avec une taxe qui doublera pour les biens vacants à partir de l’année prochaine. La Ville de Paris mène également une politique de rachat d’immeubles privés dégradés pour les réhabiliter en logements sociaux.
Ce type de recyclage immobilier, bien qu’encourageant, ne suffira probablement pas à résoudre l’ensemble des défis liés à la crise du logement en France.
Source : 20 Minutes

