Recul des prix du pétrole

Recul des prix du pétrole : des effets limités à la pompe

On dit que tout ce qui monte finit par redescendre. C’est ce qui se produit avec le prix du baril de pétrole depuis la fin du conflit au Moyen-Orient. Toutefois, le retour du balancier se fait attendre à la pompe pour les automobilistes, et les surcharges qui se sont ajoutées aux billets d’avion restent généralement en place.

Le prix de l’or noir est désormais proche de son niveau d’avant-guerre, grâce à une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, où transite normalement 20 % du pétrole mondial. Le baril de West Texas Intermediate se négociait aux alentours de 71,95 $ US jeudi, bien loin du sommet de 117,63 $ US atteint en avril dernier.

Cependant, à la station-service, la situation est différente. Selon les données de la Régie de l’énergie, dans la région de Montréal, le prix du litre d’essence ordinaire est supérieur de 24 cents à la moyenne enregistrée le 26 février dernier, juste avant le début des frappes américaines en Iran. Actuellement, le prix moyen est de 175,5 cents par litre, incluant la suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence. Sans cette me, en vigueur jusqu’au 7 septembre, il faudrait ajouter 10 cents au litre.

« Les prix montent en flèche, mais redescendent [à la vitesse] d’une plume », souligne Yvan Cliche, spécialiste de l’énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM). Il précise que pour un répit à la pompe, la stabilité doit perdurer.

Si les prix du brut se sont repliés, rien n’empêche de les voir repartir à la hausse. M. Cliche mentionne que l’accord de paix entre Washington et Téhéran, visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, est « relativement fragile ». Un cargo a été atteint d’un projectile d’origine inconnue dans le détroit d’Ormuz, illustrant les tensions persistantes.

De plus, de nombreux pays, dont les États-Unis, cherchent à reconstituer leurs réserves stratégiques de brut, ce qui pourrait maintenir la demande élevée. « Les pays vont acheter plus de pétrole pour reconstituer leurs réserves », explique M. Cliche. Il avertit également que le vrai prix de l’essence pourrait être de 10 cents de plus le litre, incitant les consommateurs à se préparer à la fin potentielle de cette suspension de taxe.

Industrie aérienne

Le répit est également timide dans l’industrie aérienne, où le kérosène est l’une des principales dépenses des transporteurs. Après avoir atteint environ 4,80 $ US pour un gallon de carburant d’aviation, le prix a graduellement diminué pour se négocier à 2,77 $ US. Cependant, ce prix moyen demeure 15 % supérieur à celui d’avant-guerre et en hausse de 36 % depuis le début de l’année.

Au Canada, les compagnies aériennes WestJet et Porter ont modifié leurs pratiques. WestJet a réduit sa surcharge de 20 $ à 40 $ pour les achats effectués par l’entremise de son programme de fidélité, tandis que Porter a divisé par deux son supplément pour les nouvelles réservations de vols récompenses, le ramenant à 20 $.

« C’est une réaction plutôt marketing », estime John Gradek, spécialiste de l’industrie aérienne à l’Université McGill. Certaines compagnies aériennes n’avaient pas pu répercuter les hausses de prix sur les réservations estivales, ce qui explique leur prudence actuelle.

Des aubaines possibles ?

Malgré la situation, il est possible de trouver des aubaines pour les voyageurs. Le prix moyen d’un aller-retour pour une liaison internationale a diminué ces dernières semaines pour s’établir à 1157 $, selon Kayak, un niveau inférieur à celui enregistré au même moment l’an dernier (1193 $).

L’indicateur développé par Kayak présente certaines limites, car il s’agit d’une moyenne globale. Les prix peuvent varier selon les marchés et le moment du voyage.

En savoir plus : Régie de l’énergie.

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