: Reportage

le 30/06/2026 14:17

Temps de lecture : 3min

Les ouvriers qualifiés, tels que les maçons, électriciens, et soudeurs, sont de plus en plus recherchés sur le marché du travail. Les secteurs de l’industrie, de la défense et du nucléaire souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, rendant la recherche de candidats compétents particulièrement difficile.

Depuis plusieurs années, ces métiers sont devenus stratégiques, mais les entreprises peinent à recruter en raison d’un manque de formations adaptées et d’une attractivité insuffisante. Pour faire face à cette situation, certaines entreprises misent sur la formation interne, tandis que d’autres choisissent de débaucher des travailleurs chez leurs concurrents. D’autres encore font appel à des cabinets de chasseurs de têtes, une démarche qui ne concerne pas uniquement les cadres dirigeants, mais également les ouvriers qualifiés.

Au sein du cabinet Headhunting Factory à Paris, Godefroy, chasseur de têtes, s’emploie à identifier des ouvriers pour le compte de ses clients. Ce travail requiert une approche méthodique, car les candidats potentiels ne sont souvent pas visibles sur les plateformes de recherche d’emploi. « Nous contactons uniquement des personnes qui ne sont pas en recherche active d’emploi, » explique-t-il. Sa méthode consiste à identifier les entreprises dans un rayon de 20 à 30 kilomètres et à se faire passer pour une association d’anciens élèves pour obtenir des informations sur les employés.

« Pour un poste de contremaître, nous pouvons approcher jusqu’à 26 candidats, mais pour un poste d’employé polyvalent, il peut nous falloir interroger jusqu’à 138 personnes pour en trouver 3 ou 4 intéressés. »

Godefroy, chasseur de têtes

à franceinfo

Une fois le contact établi, Godefroy doit convaincre l’ouvrier de considérer une nouvelle opportunité. « Nous essayons de trouver la faille dans leur emploi actuel pour voir si notre offre peut répondre à leurs besoins, » précise-t-il. Les insatisfactions courantes évoquées par les ouvriers incluent des problèmes de mobilité, le manque de formation, et la situation économique de leur entreprise actuelle.

Pour un poste de graisseur en Isère, par exemple, Godefroy souligne que le nouvel emploi se situe à seulement 7 ou 8 km de chez le candidat, un argument souvent décisif. Il faut généralement plusieurs semaines pour trouver un nombre suffisant de candidats pour un poste donné.

Le cabinet Headhunting Factory, fondé par Olivier de Préville, recrute pour divers postes, allant des maçons aux opérateurs de production, en passant par les soudeurs. « En France, il n’y a souvent pas d’autre solution que de passer par l’intérim ou de publier des annonces pour trouver des ouvriers, » note Godefroy. Il compare son métier à celui d’un généalogiste, cherchant des talents dans une « botte de foin ».

La pénurie d’ouvriers qualifiés est particulièrement marquée dans des secteurs comme la défense, l’agroalimentaire, et le nucléaire. Ces postes, souvent qualifiés de « pénuriques », peuvent impacter gravement les opérations d’une entreprise. « Si un conducteur de ligne ou un technicien de maintenance est absent, cela peut immobiliser des équipements essentiels, » souligne Olivier de Préville.

La crise du Covid-19 a exacerbé cette situation, ayant poussé de nombreux travailleurs à quitter des postes à contraintes sans y revenir. Aujourd’hui, la demande pour des ouvriers qualifiés représente 60 % de l’activité de ce cabinet, reflétant une nécessité croissante de main-d’œuvre qualifiée sur le marché.

Source : Franceinfo

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