Un premier recours rejeté pour les opposants du nouveau centre de rétention administrative à Nantes
Le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté, mardi 15 septembre 2026, la demande des opposants visant à suspendre les travaux d’abattage et de déboisement nécessaires à la construction d’un nouveau centre de rétention administrative (CRA) à Nantes. Le terrain, d’une superficie de 49 195 m², appartient à l’État et a été mis à disposition d’une administration de l’État pour une durée de neuf ans, ce qui, selon le juge, le soustrait au régime forestier invoqué par les requérants.
L’Association des riverains et amis de la Beaujoire (ARALB), le Syndicat des avocats de France (SAF), l’union syndicale Solidaires de Loire-Atlantique et Les Ecologistes des Pays de la Loire avaient saisi le tribunal le 10 septembre 2026 dans le cadre d’un « référé liberté ». Ce recours, basé sur la protection du « droit de chacun de vivre dans un environnement sain », a été jugé sans fondement par le tribunal.
Le CRA est prévu sur une parcelle située au Champ de Manœuvre, un des rares espaces verts de la zone. Les opposants soulignent que les travaux portent atteinte à l’environnement, notamment en raison de la présence d’arbres âgés de 30 à 60 ans et d’espèces protégées sur des zones humides. Ils ont également critiqué l’absence de consultation de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAE).
Malgré le rejet de cette première requête, d’autres recours seront examinés dans les mois à venir par le même tribunal. Une nouvelle manifestation « anti CRA » est prévue pour le samedi 19 septembre à 15h au Champ de Manœuvre.
Le projet de CRA, qui devrait accueillir 140 places pour des personnes sous le coup de mes d’éloignement, est prévu pour ouvrir en 2028. Depuis février 2024, un collectif nommé COLERE, composé d’une trentaine d’organisations, conteste la légitimité des CRA, les qualifiant de « prisons qui ne disent pas leur nom ».
Le contexte de ce projet s’inscrit dans une histoire plus large, puisque Nantes a déjà eu un centre de rétention en activité de 1984 à 2009, critiqué pour ses conditions d’accueil.
Source : France 3 Régions

