Reconnaissance faciale : quand l’outil identifie la mauvaise personne

Une enquête menée par « L’Œil du 20 heures », en collaboration avec le média d’investigation Disclose, met en lumière les dérives de l’utilisation de la reconnaissance faciale par les forces de l’ordre en France. Dans un incident survenu à Paris, deux policiers en civil ont contrôlé un client d’un bar, utilisant un logiciel de reconnaissance faciale pour l’identifier. Cette pratique, bien que tentante pour les enquêteurs, est illégale dans ce contexte, car elle ne doit être employée que dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

La reconnaissance faciale permet d’accéder à des antécédents judiciaires de millions de Français, mais son utilisation est strictement encadrée par le code de procédure pénale. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rappelé que cette technique ne peut pas être utilisée pour des contrôles d’identité. Cependant, des gendarmes, ayant choisi de rester anonymes, affirment que cette méthode est couramment utilisée lors de patrouilles, souvent encouragée par leurs supérieurs.

Un exemple frappant d’erreur s’est produit lors d’une manifestation près de Valence, où un jeune homme a été identifié par reconnaissance faciale comme étant « Marius », un nom qui ne lui appartenait pas. Après 18 heures de garde à vue, il a dû clarifier son identité. Les documents officiels mentionnaient encore le nom erroné, soulevant des inquiétudes quant à la fiabilité de la technologie.

De tels incidents soulignent les dangers potentiels de la reconnaissance faciale, qui pourrait mener à des condamnations injustifiées. Un dossier de 2022 a également révélé qu’une femme a été identifiée à tort pour un cambriolage, avec un taux de probabilité de 68 %, entraînant une inscription erronée à son casier judiciaire.

Actuellement, aucune donnée officielle sur les erreurs liées à la reconnaissance faciale n’est disponible, les autorités contactées n’ayant pas souhaité commenter. Ces révélations soulèvent des questions sur la légalité et l’éthique de l’utilisation de cette technologie par les forces de l’ordre en France.

Source : « L’Œil du 20 heures » et Disclose.

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