Le cancer du sein d’une hôtesse de l’air reconnu comme maladie professionnelle : quel parcours pour cette reconnaissance ?
Mardi 25 août 2026, le pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne a établi un précédent en reconnaissant l’origine professionnelle du cancer du sein d’une hôtesse de l’air. Cette décision, qualifiée de première en France pour ce métier, a été mise en lumière par l’avocate de la patiente.
Âgée de 59 ans et actuellement en rémission, cette hôtesse a exercé sa profession entre 1989 et 2019 au sein d’Air France, cumulant plus de 12 600 heures de vol, souvent de nuit. La justice a identifié plusieurs facteurs contribuant à son état, notamment le travail nocturne, l’exposition aux rayonnements ionisants et le tabagisme passif. L’avocate, Sophie Lainault, a exprimé l’espoir que cette décision incite d’autres femmes à faire reconnaître des maladies similaires.
Actuellement, le cancer du sein n’est pas inscrit dans le tableau des maladies professionnelles en France. Toutefois, des liens ont été établis entre cette maladie et certaines expositions professionnelles, tels que le travail de nuit et les rayonnements ionisants, mais cela ne concernait jusqu’à présent que d’autres professions, comme celles d’infirmières ou d’agents de sécurité.
Un long parcours de reconnaissance
Pour qu’une maladie soit reconnue comme professionnelle, le processus peut être ardu. Selon le site du Service public, un médecin doit établir un lien entre la maladie et le travail, suivi de la soumission d’un formulaire dans les 15 jours suivant le début de l’arrêt de travail. Ce formulaire est ensuite transmis à l’organisme de sécurité sociale, qui envoie une copie à l’employeur, lequel peut contester le caractère professionnel de la maladie.
Le dossier est examiné par la sécurité sociale, qui dispose de 120 jours pour rendre sa décision. En cas de contestation, des voies de recours sont possibles. Si l’origine professionnelle est reconnue, des indemnités journalières plus élevées et une indemnisation spécifique peuvent être accordées.
Cette décision marque une avancée significative pour la reconnaissance des maladies professionnelles liées à la profession d’hôtesse de l’air, ouvrant potentiellement la voie à d’autres cas similaires.
Source : Agence France Presse

