Peut-on être reconnu victime de harcèlement sexuel au travail, sans avoir été directement ciblé ?
La vie professionnelle se termine parfois devant la justice. Dans « C’est mon boulot » au mois d’août, on explore des litiges en droit du travail.
Un jugement marquant
Un arrêt récent de la Cour de cassation a précisé que le harcèlement sexuel au travail peut concerner des employés qui n’ont pas été directement visés par des propos déplacés. Cette décision fait écho à une affaire survenue au Havre, où une salariée a été licenciée après avoir dénoncé des comportements inappropriés de son supérieur.
Détails de l’affaire
En 2018, une femme est recrutée dans un établissement de restauration rapide. Après quelques semaines, elle signale à la direction des remarques à connotation sexuelle de son manager. Bien que des mes soient prises, le harcèlement se poursuit, touchant d’autres employées. En 2019, une grève éclate pour dénoncer ces faits.
La salariée, ayant témoigné des abus, est licenciée pour faute grave, ce qui entraîne une bataille judiciaire. Les prud’hommes requalifient d’abord son licenciement en abusif, mais la cour d’appel de Rouen rejette ses demandes liées au harcèlement, arguant qu’elle n’a pas prouvé avoir été directement visée.
Revirement de la Cour de cassation
En mai 2026, la Cour de cassation a censuré cette décision, affirmant que les propos sexistes ou sexuels, même s’ils ne s’adressent pas directement à une personne, peuvent créer un environnement de travail dégradant pour tous les témoins. Ainsi, tous ceux qui ont été exposés à ces comportements peuvent être considérés comme victimes.
Implications
Cette décision marque un tournant dans la reconnaissance des victimes de harcèlement sexuel au travail, élargissant la définition de la victimisation. Désormais, dans un cadre où des remarques déplacées sont fréquentes, tous les employés touchés par cette ambiance peuvent revendiquer leur statut de victimes.
Source : Franceinfo



