Cancer du poumon : Une bonne nouvelle pour les patients, on veut prolonger leur survie
Le professeur Julien Mazières, chercheur Inserm et oncologue pneumologue au CHU de Toulouse, a été sélectionné parmi les seize lauréats d’un appel à projets lancé par l’Institut national du cancer. Il a obtenu un financement de 600 000 euros pour des recherches visant à prévenir la récidive du cancer du poumon après une phase de traitement réussie. L’objectif est de détecter les traces de la maladie résiduelle à un stade où les scanners ne peuvent pas encore les identifier.
Le cancer du poumon, troisième forme de cancer la plus fréquente, demeure la première cause de décès par cancer chez les hommes en France et continue de progresser chez les femmes. Le taux de survie moyen à cinq ans reste faible, à 25 %, bien qu’il ait connu des améliorations grâce aux traitements ciblant les anomalies génétiques des cellules cancéreuses. Les équipes toulousaines se distinguent particulièrement dans la lutte contre la récidive.
Au Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT/Inserm) et au CHU de Toulouse, le professeur Mazières et son équipe prévoient d’explorer de nouveaux champs thérapeutiques. Le financement de 600 000 euros, accordé pour une durée de trois ans par l’Institut national du cancer, fait partie d’un appel à projets national (PRT-K 2026).
Les chercheurs poursuivent une stratégie qui consiste à identifier les anomalies génétiques dans les cellules cancéreuses, notamment les mutations EGFR, ALK et ROS1, afin de les cibler avec des thérapies spécifiques. Bien que ces traitements soient souvent efficaces, les récidives demeurent un défi majeur.
Pour contrer ces récidives, de nouveaux traitements seront envisagés, notamment des chimiothérapies ou des thérapies ciblées différentes. Les mécanismes de résistance des cellules tumorales se développent très tôt, parfois avant même qu’ils ne soient détectables par les scanners. Le professeur Mazières souligne l’importance d’agir dès ce stade précoce.
Dans le cadre de ce projet, des biopsies liquides seront réalisées afin d’identifier les cellules cancéreuses restantes par le biais de prélèvements sanguins. Cette approche innovante, encore peu utilisée dans le contexte du cancer du poumon sous thérapie ciblée, sera déployée à Toulouse.
Environ cinquante patients participeront à cette étude, qui devrait débuter dans un an au CHU de Toulouse et au CRCT. Le professeur Mazières conclut que même si ce projet ne résoudra pas tous les problèmes, il représente une avancée significative pour prolonger la survie des patients et espérer des guérisons futures.
Source : La Dépêche


