Recherche d’investisseurs pour Marinvest jugée prématurée par Lucien Wabanonik.

Projet gazier | La recherche d’investisseurs pour Marinvest est prématurée, selon le chef Lucien Wabanonik

Projet gazier : Lucien Wabanonik juge prématurée la recherche d’investisseurs pour Marinvest

(Ottawa) Le chef de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, Lucien Wabanonik, a déclaré qu’il est prématuré pour le gouvernement fédéral de chercher des investisseurs pour le projet gazier Marinvest sans d’abord obtenir le consentement des Premières Nations concernées. Cette déclaration intervient dans le cadre du Sommet canadien de l’investissement, qui se déroule à Toronto et qui présente environ 160 projets.

« Il n’y a pas eu de consentement, il n’y a pas eu de consultation », a affirmé Wabanonik lors d’une entrevue.

Le Sommet, initié par le premier ministre Mark Carney, a pour but de rassembler des investisseurs internationaux pour financer des projets de développement à travers le pays. Le projet de terminal gazier à Baie-Comeau, autrefois dirigé par Marinvest Energy, est désormais sous la direction du consortium Kino Aski LNG, qui inclut Kino Aski Inc. et la filiale canadienne de Marinvest. Les Atikamekw détiennent une participation majoritaire depuis la mi-août, ce qui leur confère un rôle central dans la prise de décision.

Le consortium est actuellement à la recherche de financement initial pour un projet évalué à 30 milliards de dollars, qui comprend un nouveau gazoduc, un agrandissement portuaire, des usines flottantes de gaz naturel liquéfié et des infrastructures d’énergie renouvelable. Le prospectus remis aux investisseurs indique que le projet pourrait produire 15 millions de tonnes de GNL à très faibles émissions de gaz à effet de serre.

Kino Aski LNG, sur son site web, souligne qu’il vise à fournir un approvisionnement énergétique stable et à faible empreinte carbone pour l’Europe, grâce à une capacité d’environ 1700 mégawatts d’énergie éolienne. Le consortium a récemment signé un protocole d’entente avec la société d’État ukrainienne Naftogaz pour évaluer le potentiel d’exportation.

Le projet prévoit la construction d’un gazoduc reliant le nord de l’Ontario à Baie-Comeau, traversant quatre nations autochtones : Anishnabe, Atikamekw, Innue et Crie. Wabanonik est le premier chef à exprimer des doutes sur le projet, soulignant que les communautés doivent être consultées avant toute discussion avec les gouvernements ou investisseurs.

Il a rencontré Marinvest il y a quelques mois pour obtenir des informations sur les impacts du projet sur sa communauté, surtout en ce qui concerne les nappes phréatiques. Sa communauté, proche de Val d’Or, a déjà été affectée par des sites miniers laissés à l’abandon. Wabanonik a aussi exprimé des préoccupations concernant les émissions de gaz à effet de serre, notamment après que sa communauté a dû être évacuée durant la saison record d’incendies de forêt en 2023.

Des groupes environnementaux, tels que Greenpeace et Nature Québec, s’opposent également à la présentation du projet à des investisseurs, arguant que la population du Québec n’a pas accès à suffisamment d’informations.

Le grand chef de la Nation atikamekw, Constant Awashish, n’était pas disponible pour commenter. Le consortium a précisé qu’aucun échéancier n’a été établi pour le dépôt officiel du projet, qui sera soumis à l’évaluation de la Régie de l’énergie du Canada et au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

La société d’État Investir au Canada a également souligné que la présentation d’un projet à des investisseurs ne préjuge en rien des résultats des évaluations environnementales ou des processus réglementaires.

(Source : La Presse)

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