Entre la licence et le master, de plus en plus d’étudiants recalés et frustrés
Après avoir obtenu une licence de psychologie à l’université catholique de Lille en 2024, Avril n’a pas trouvé de place en master. Elle a candidaté à 16 masters en psychologie clinique et psychopathologie partout en France, sans réponse positive. Malgré un travail acharné qui lui a permis d’améliorer ses notes de 10 à 14-15 en moyenne, ses efforts n’ont pas été récompensés. Elle a ensuite occupé divers postes, dont celui d’animatrice dans une école élémentaire, avant de partir en mission humanitaire au Cambodge et de réaliser un stage en pédopsychiatrie à l’hôpital Bichat.
Le cas d’Avril illustre une tendance plus large. En 2025, 258 000 candidats ont déposé au moins une candidature en master via la plateforme Mon master, mais entre 35 000 et 40 000 étudiants de licence se retrouvent sans master chaque année, selon Clara Privé, trésorière du syndicat étudiant Unef. Les disciplines de psychologie et de droit sont particulièrement touchées par cette situation. D’après un rapport du Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon master (CESPM), seulement 49,4 % des nouveaux diplômés en psychologie reçoivent une proposition d’affectation dans un master. En droit, bien que le taux d’admission soit de 82 %, de nombreux étudiants rencontrent des difficultés.
En 2023, un quart des places proposées en première année de master sont restées vacantes, ce qui souligne un paradoxe dans le système d’admission. De plus, l’accès au master est devenu plus sélectif depuis 2017, avec un pourcentage de titulaires d’une licence poursuivant en master passant de 72 % en 2016-2017 à 57 % en 2022-2023. Isabelle This Saint-Jean, économiste, souligne que 80 % des diplômés de licence souhaitent poursuivre en master, un besoin légitime dans un marché du travail de plus en plus exigeant.
La frustration des étudiants face à cette situation est palpable. La plupart d’entre eux se tournent vers des emplois précaires ou des formations privées coûteuses, qui n’asnt pas forcément de bons débouchés. Le CESPM appelle à des réformes pour améliorer les conditions d’admission et développer les débouchés en psychologie et en droit, notamment en révisant le cadre des stages.
Face à ces défis, Avril envisage maintenant de passer le diplôme d’État d’éducateur spécialisé, une formation plus accessible qui lui permettra de travailler tout en étudiant.
Source : Rapport de juin 2026 du Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon master.

