Rebekka Deubner : « Je pratique une photographie qui s’adapte à son environnement »

Rebekka Deubner, photographe, explore le Marais poitevin à travers un projet photographique qui s’étend d’avril 2023 à décembre 2025. Ce travail est né d’une manifestation contre les mégabassines, organisée par les Soulèvements de la Terre en mars 2023, où elle a initialement participé en tant que militante.

Dans son exposition présentée aux Rencontres d’Arles, elle documente le quotidien des maraîchers et les luttes collectives des paysans. « Ici on dit que la terre est amoureuse, parce qu’elle colle aux bottes », explique un maraîcher, Rémi, pendant qu’elle immortalise son travail de récolte.

Rebekka Deubner se concentre sur l’observation attentive et sensible du territoire, cherchant à capturer le rythme du travail agricole et du cycle de l’eau. Elle juxtapose ses images dans un flux continu, décomposant et recomposant le réel au fil des saisons. En contraste, les mégabassines se présentent comme des structures imposantes, figées, qui perturbent le fonctionnement naturel du paysage.

Au cours de cette période de trois ans, elle s’engage à comprendre les dynamiques locales, le cycle de l’eau, et les pratiques agricoles. Son projet, intitulé « la terre amoureuse », est à paraître aux éditions Rotolux Press le 24 juillet.

Les photographies de Deubner proposent une immersion dans un paysage humide, où chaque élément est porteur de sens. Son approche vise à transmettre les savoirs et les luttes des habitants de cette ruralité.

Ce travail photographique soulève des questions sur la relation entre l’homme et son environnement, ainsi que sur les enjeux liés à l’agriculture durable et à la préservation des ressources naturelles.

Silène Garric

journaliste, éditrice-rédactrice à AOC

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