Coup de théâtre dans le procès de Constant Mutamba en RDC
Lundi 27 juillet, la République démocratique du Congo a été le théâtre d’un événement marquant dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba. Ce dernier a quitté l’audience de la Cour de cassation, invoquant des irrégularités de procédure dans le cadre de son procès concernant le Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda.
Constant Mutamba, déjà condamné en 2025 à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds, purge actuellement sa peine sous résidence surveillée. Lors de cette deuxième audience, il a dénoncé une violation de ses droits de la défense. À l’ouverture de l’audience, il a tenté de soulever des exceptions de procédure, mais le président de la Cour a donné la parole à son coaccusé, Chancard Bukolela, ancien coordonnateur du Fonds de réparation. Les tensions ont rapidement augmenté, entraînant la coupure de son micro et son départ de la salle.
À l’extérieur de la Cour, Mutamba a qualifié le procès de politique et a affirmé que ses droits étaient bafoués. Il a déclaré : « Ils se sont décidés à ressurgir un dossier qui avait déjà été clôturé. Un faux dossier. Vous n’allez pas bafouer les droits de la défense autant que vous voulez. La Cour nous refuse le droit de soulever des exceptions et les moyens à notre disposition. Nous refusons de cautionner l’arbitraire. Qu’ils me condamnent à mort, je boirai la ciguë comme Socrate et je mourrai pour la justice et la vérité. »
Malgré son départ, les débats ont continué, avec des interrogations sur des décaissements de plus de 20 millions de dollars destinés aux victimes de la guerre des années 2000 à Kisangani, que l’accusation attribue à Mutamba. La défense conteste la compétence de la Cour de cassation à juger un prévenu sans privilèges, ainsi que la régularité de la procédure en cours.
La prochaine audience est prévue pour le 31 juillet, laissant planer le doute sur le retour de l’ancien ministre devant les juges.
Source : RFI