RDC : Le gouvernement clarifie sa stratégie autour du « Genocost »
La République Démocratique du Congo (RDC) a observé ce dimanche 3 août la Journée nationale du Genocost, un terme désignant le « génocide pour des gains économiques », qui fait référence au coût humain et social des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles. Cette journée de commémoration vise à rendre hommage aux victimes de ces violences de masse. Au-delà des cérémonies, le gouvernement congolais a précisé sa stratégie pour défendre ce dossier sur la scène internationale en distinguant deux registres.
Le premier registre concerne le niveau national. Le Genocost est désormais intégré dans la politique mémorielle de l’État. Les autorités ont annoncé la création d’un musée national, le renforcement des réparations, la collecte de témoignages, la préservation des archives, ainsi que le soutien à la recherche et à la transmission de cette histoire aux générations futures.
Le deuxième registre s’inscrit dans une démarche internationale. Le plaidoyer ne repose plus sur le concept de Genocost en tant que tel, mais sur les qualifications reconnues par le droit international. Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a souligné que la RDC plaide pour la reconnaissance du crime de génocide, tel que défini par la Convention des Nations unies de 1948 et le Statut de Rome.
Le président Félix Tshisekedi a précisé que la qualification juridique du génocide doit être établie par des juridictions compétentes, fondée sur des faits et des preuves, et non sur des déclarations politiques. Selon lui, ces deux démarches sont complémentaires.
Cette clarification intervient alors que le concept de Genocost est contesté par le Rwanda. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a qualifié ce terme de « théorie du complot politiquement construite », affirmant qu’il ne s’agit ni d’un concept historique reconnu ni d’une notion juridique établie. Cette divergence met en lumière la bataille des récits entre Kinshasa et Kigali concernant la mémoire et la qualification des violences commises en RDC.
Source : RFI


