RDC : L’armée congolaise rejoint le mécanisme de suivi du cessez-le-feu
L’arrivée à Goma de trois officiers de l’armée congolaise (FARDC) a été confirmée par le ministère congolais de la Défense et plusieurs sources concordantes. Ce déplacement a été facilité par la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC, la Monusco.
Les officiers rejoignent un mécanisme connu sous le nom d’EJVM Plus, qui inclut désormais des représentants de l’armée congolaise et de la rébellion de l’AFC/M23. Ce dispositif a pour mission d’enquêter sur les violations du cessez-le-feu, de vérifier les mouvements de troupes et d’éviter une nouvelle escalade militaire.
La portée de ce mécanisme suscite des interrogations. Reagan Miviri, chercheur principal à Ebuteli, un institut de recherche congolais, estime que « la présence de toutes les parties prenantes est un atout, mais les grands changements sur le terrain ne pourront être réalisés qu’au niveau politique ».
Cependant, cette initiative se déroule dans un contexte fragile, avec des combats persistants dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu, notamment à Masisi, Kalehe et Minembwe. Kinshasa accuse l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu, tandis que la rébellion fait de même envers les FARDC et leurs alliés Wazalendo.
Un autre enjeu majeur est le retrait des troupes rwandaises, qui était prévu par Washington pour la mi-juillet, mais qui n’a pas été constaté sur le terrain. Les États-Unis continuent de faire pression sur Kigali, alors que l’accord de paix impose également des engagements à Kinshasa concernant la neutralisation des FDLR.
Roger-Claude Liwanga, professeur de droit et co-initiateur du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, souligne que les parties prenantes doivent harmoniser leurs efforts pour obtenir une évaluation précise de la situation. Il appelle les États-Unis à maintenir une pression diplomatique coordonnée sur les deux parties pour asr le respect des engagements pris.
Pendant ce temps, le processus de négociation politique lancé à Doha peine à avancer, malgré plusieurs séries de discussions qui n’ont pas abouti à des résultats concrets.
Source : DW