RDC : La peur d’Ebola éloigne les femmes enceintes des hôpitaux
Sur le terrain, les soignants constatent une augmentation préoccupante des femmes enceintes qui repoussent leurs consultations prénatales, contournent les établissements de santé ou choisissent d’accoucher chez elles, même en cas de complications. « Lorsque le virus Ebola se propage, la peur se propage également », expliquent les équipes médicales. Selon l’UNFPA, le risque est désormais double : certaines femmes pourraient perdre la vie non à cause du virus, mais parce que les soins nécessaires leur sont devenus inaccessibles.
La Représentante adjointe de l’UNFPA en RDC, Noemi Dalmonte, a exprimé son inquiétude depuis Kinshasa, soulignant que la méfiance envers les équipes de santé et l’insécurité des établissements de santé exacerbent la situation. Elle a noté que le taux de mortalité maternelle dans la région la plus touchée par l’épidémie d’Ebola a doublé depuis le 25 mai.
Les épidémies précédentes ont révélé des taux de mortalité maternelle alarmants, atteignant jusqu’à 90 % chez les femmes enceintes infectées par le virus Ebola. La mortalité périnatale, qui concerne la période juste avant ou après la naissance, peut atteindre 100 % dans certains contextes.
Face à cette situation critique, l’UNFPA concentre ses efforts sur la grossesse, l’accouchement et la confiance communautaire. L’agence soutient la prévention et le contrôle des infections dans les structures de maternité, tout en insistant sur la nécessité de protéger durablement les services de santé maternelle.
Depuis le début de l’épidémie, le nombre de cas confirmés d’Ebola en RDC s’élève à au moins 896, avec plus de 232 décès, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De plus, 75 professionnels de santé ont contracté le virus, entraînant 17 décès.
L’OMS souligne que malgré l’engagement des intervenants de première ligne, la situation épidémiologique reste préoccupante, avec des décès encore enregistrés dans les communautés. Les besoins en dépistage et traitement dépassent les ressources disponibles, et l’extension de l’accès aux services essentiels demeure une priorité.
Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a également exprimé ses inquiétudes concernant les risques que la souche Bundibugyo fait peser sur les communautés déplacées. Plus de 2 millions de personnes déplacées de force vivent dans des zones à risque en RDC, où les combats se poursuivent parallèlement à la propagation de la maladie d’Ebola.
Face à cette épidémie, l’ONU renforce son soutien aux autorités locales et aux acteurs humanitaires, avec des livraisons de fournitures médicales et des mes de surveillance sanitaire accrues.
Source : UNFPA, OMS.
