Raser l'enfance - AOC media

Dans le 13e arrondissement, au foyer éducatif Jenner, géré par l’association Jean-Cotxet, un enfant de huit ans, Eliott, a été rasé en guise de sanction disciplinaire. L’acte a été filmé et diffusé dans une boucle WhatsApp professionnelle entre éducateurs. L’humiliation ne s’est pas ajoutée au geste ; elle en constituait la condition même, pensée pour circuler et être commentée entre adultes investis d’une autorité sur l’enfant.

La scène, telle qu’elle apparaît dans la vidéo diffusée par les médias, mérite d’être décrite avec précision, car c’est dans cette matérialité que le rapport de pouvoir se donne à voir. Eliott est assis sur une chaise, torse nu, les bras croisés non par assurance, mais comme un réflexe d’autoprotection. Une éducatrice actionne la tondeuse tout en maintenant la tête de l’enfant, contraint à l’immobilité. Le crâne est déjà à moitié rasé, laissant une ligne irrégulière. Les cheveux tombent au sol sans solennité, comme des déchets ordinaires.

Rien dans le geste n’indique l’hésitation ; tout procède d’une exécution assurée. L’enfant ne crie pas et ne bouge pas. Dans la vidéo, un éducateur filme et lance : « On va t’appeler double-face ». Un autre enfant commente : « On dirait Aladin ! » Eliott ne sourit pas, restant immobile sur sa chaise, son silence contrastant avec l’activité des adultes.

Source : AOC Media

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