Ransomware : le montant payé moyen augmente, alors que la médiane baisse
Sur le front des rançongiciels, le second trimestre 2026 révèle une tendance surprenante. Le montant moyen des rançons a connu une augmentation de 176 % par rapport au premier trimestre, atteignant 1 880 612 $. En revanche, le montant médian a chuté de 50 %, se fixant à 150 000 $.
Cette situation s’explique par l’émergence d’un groupe de rançongiciels, le Silent Ransom Group, également connu sous le nom de Luna Moth. Ce groupe a choisi de cibler spécifiquement les cabinets d’avocats, menaçant de divulguer des dossiers juridiques sensibles pour obtenir des rançons élevées, ce qui a considérablement influencé la moyenne trimestrielle, selon Coveware.
En parallèle, la perception des victimes concernant les paiements a évolué. De plus en plus, elles réalisent que le règlement d’une rançon ne garantit pas la suppression des données. L’attaque contre Klue, survenue en juin, illustre cette vulnérabilité : après un paiement censé asr la suppression des données, il a été révélé qu’un autre groupe criminel avait conservé les informations, perpétuant ainsi une menace d’extorsion. Ce risque avait déjà été observé avec le groupe LockBit.
L’identité comme vecteur d’accès privilégié
L’accès initial aux systèmes d’information a évolué, passant d’une dépendance à des exploits techniques automatisés à une forte dépendance à l’identité. Les attaquants privilégient désormais les chemins d’accès semblant légitimes, cherchant à se connecter discrètement plutôt qu’à forcer une intrusion bruyante.
L’abus des identités de confiance est devenu une tendance majeure. Des méthodes d’ingénierie sociale sophistiquées, telles que le vishing, sont régulièrement utilisées pour tromper les employés et obtenir des identifiants ou un accès à distance. Dans des cas plus agressifs, des acteurs malveillants se sont infiltrés physiquement, se faisant passer pour du personnel informatique.
Le vecteur d’intrusion s’est élargi au-delà des simples VPN ou RDP, incluant l’abus de flux d’authentification légitimes comme les réinitialisations de mot de passe et les sessions de fournisseurs tiers. L’intrusion initiale ressemble souvent à une authentification normale, rendant la détection précoce plus complexe.
Le profil des victimes reste concentré sur le marché intermédiaire, avec une vulnérabilité particulière pour le secteur des services professionnels, y compris les cabinets d’avocats, en raison de la nature sensible des informations qu’ils détiennent. Coveware souligne que la taille de l’entreprise n’est pas un indicateur fiable du risque d’extorsion ; l’exposition dépend davantage de la compromission de l’identité et de la sensibilité des données.
Source : Coveware.


