Le ralentissement économique de la zone euro s’atténue
Selon de nouvelles données, l’activité économique de la zone euro s’est contractée à un rythme plus lent ce mois-ci, alors que grandissent les espoirs de voir Téhéran et Washington conclure un accord définitif pour mettre fin à la guerre en Iran.
L’indice PMI composite flash de S&P Global pour la zone euro, une enquête très suivie publiée mardi, a révélé que l’activité globale dans les secteurs de l’industrie et des services est passée de 48,5 en mai à 49,5 en juin, rapprochant ainsi l’indice de la barre des 50 points qui sépare la croissance de la contraction. Cette amélioration s’explique en partie par une reprise de l’activité dans les services, bien que ceux-ci soient restés en territoire négatif. Les secteurs liés au tourisme et aux loisirs ont montré des « signes de reprise de la demande » après les perturbations causées par la guerre en Iran, a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence.
Les pressions inflationnistes se sont également atténuées, avec un ralentissement de la hausse des prix à la production et une augmentation des coûts des intrants au rythme le plus lent depuis le début de la guerre, fin février. La plupart des données de l’enquête ont été recueillies avant la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, mettant provisoirement fin à un conflit qui a bouleversé les marchés mondiaux de l’énergie et attisé les craintes d’une récession mondiale.
Bert Colijn, économiste en chef d’ING pour les Pays-Bas, a noté que l’enquête fait toujours état d’une activité économique atone dans la zone euro, mais que l’atténuation des pressions sur les prix est encourageante. Il a ajouté que la combinaison d’une croissance faible et d’un relâchement des pressions sur les prix devrait dissuader la Banque centrale européenne de relever « de manière énergique » ses taux d’intérêt. Christine Lagarde, présidente de la BCE, a exprimé un avis similaire lors d’une intervention devant le Parlement européen lundi.
Cette amélioration se produit malgré un ralentissement de l’activité en Allemagne, première économie de l’UE, où la faiblesse de la demande a entraîné une baisse de son indice composite à 48,0, marquant le troisième mois consécutif de contraction et le niveau le plus bas depuis décembre 2024. En revanche, la France, deuxième économie de l’UE, a enregistré une amélioration dans les secteurs des services et de l’industrie manufacturière, même si l’activité nette est restée en territoire négatif, à 47,6.
Ces données ont été publiées alors que des responsables américains et iraniens se sont rencontrés en Suisse, saluant les progrès réalisés lors des discussions. Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a déclaré que les discussions avaient été « productives » et que Washington suspendrait ses sanctions sur le pétrole iranien pendant 60 jours. Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a affirmé que les négociations avaient permis des progrès majeurs en vue de mettre fin à la guerre entre Israël et le Liban.
(Source : S&P Global)
