Rachida Dati va réintégrer la magistrature avant son procès pour corruption
L’ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati, a demandé à réintégrer la magistrature, une démarche qui sera validée après l’avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur sa nomination prévue dans un service de la Chancellerie. Actuellement maire LR du VIIe arrondissement de Paris, Dati, âgée de 60 ans, a récemment été battue aux municipales et a obtenu un poste de « premier substitut à l’administration centrale de la justice », selon le Nouvel Obs.
La Chancellerie a indiqué que « Mme Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit, et sera prochainement affectée dans le cadre de la procédure de transparence classique des magistrats », une procédure qui nécessite l’avis du CSM, prévu dans les deux à quatre semaines à venir.
Rachida Dati doit comparaître du 16 au 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris, notamment pour des accusations de corruption et de trafic d’influence passifs. Elle est accusée d’avoir établi un pacte de corruption présumé et d’avoir exercé illégalement du lobbying au Parlement européen, où elle a siégé de 2009 à 2019, pour le compte de Renault et de son ancien patron, Carlos Ghosn, actuellement en fuite au Liban.
Entre 2009 et 2013, Dati aurait perçu 900 000 euros pour une convention de rémunération d’avocats, qu’elle défend comme étant un travail légal. Elle risque jusqu’à dix ans de prison et une inéligibilité de cinq ans. Ludovic Friat, président de l’USM, a exprimé des préoccupations sur le message contradictoire que renvoie cette réintégration, à quelques jours d’un procès médiatique.
D’autres enquêtes judiciaires sont en cours concernant des relations d’intérêts potentielles avec l’Azerbaïdjan et le Qatar, ainsi que sur des soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Rachida Dati a débuté sa carrière politique aux côtés de Nicolas Sarkozy, devenant garde des Sceaux en 2007. Elle a également occupé le poste de ministre de la Culture sous Emmanuel Macron en 2024, avant de quitter ce poste un mois avant les élections municipales.
Source : Est Républicain, Nouvel Obs



