La justice confirme-t-elle l’existence d’un racisme anti-Blanc en France ?
La récente affaire du meurtre de Thomas Perotto à Crépol soulève des questions sur la notion de racisme anti-Blanc en France. Le 19 novembre 2023, un bal de village a dégénéré, entraînant l’attaque de convives par un groupe d’individus armés de couteaux, ce qui a conduit à la mort de Thomas, âgé de 16 ans. Quatorze personnes ont été mises en examen dans le cadre d’une enquête pour homicide et tentatives d’homicides en bande organisée.
Le 23 juillet dernier, la juge d’instruction a retenu une circonstance aggravante pour homicide, indiquant que le meurtre avait été commis en raison de l’appartenance supposée de la victime à une ethnie, en l’occurrence la « race blanche et la nation française ». Cette qualification repose sur des témoignages et des plaintes déposées par les parties civiles.
Depuis cette décision, le terme « racisme anti-Blanc » est largement utilisé dans les médias, bien que ce concept ne soit pas reconnu par le droit français, qui ne distingue pas les formes de racisme. La loi stipule que la circonstance aggravante peut être retenue indépendamment de l’origine ethnique de la victime.
Les réactions médiatiques, notamment de personnalités de droite et d’extrême-droite, ont alimenté le débat sur l’existence d’un racisme anti-Blanc, malgré le fait que l’affaire n’ait pas encore été jugée et que cette qualification ne soit pas définitive.
Une enquête de l’IFOP, commandée par la LICRA, révèle que près de 39 % des individus perçus comme Blancs se disent victimes d’agressions ou de discriminations à caractère raciste. Cela soulève la question de l’existence d’un racisme anti-Blanc, et de la façon dont cette notion est perçue dans le débat public.
Les discussions autour de ce sujet sont souvent entravées par des divergences de définition du racisme. Selon Daniel Sabbagh, chercheur à Sciences Po Paris, il existe trois conceptions du racisme : idéologique, attitudinal et systémique. La justice se concentre principalement sur le racisme attitudinal, en traitant des comportements individuels.
Dans le contexte judiciaire, des affaires antérieures ont montré que la justice française a reconnu des circonstances aggravantes de racisme, même lorsque les victimes étaient blanches. Par exemple, en 2014, la Cour d’appel de Paris a retenu une circonstance aggravante après l’agression d’un homme blanc par un autre homme blanc, des propos racistes ayant été tenus durant l’incident.
Cependant, la jurisprudence sur ce sujet reste limitée, et les statistiques montrent que les agressions contre des personnes blanches sont marginales par rapport aux infractions à caractère raciste, qui ont dépassé les 16 000 cas en 2025, selon le ministère de l’Intérieur.
Ainsi, le débat sur le racisme anti-Blanc en France semble se complexifier, mêlant considérations juridiques et sociologiques, à l’approche des élections présidentielles, où ces questions pourraient être instrumentalisées.
Source : Histoires Crépues


