Factures impayées par des Autochtones : Québec veut avoir son mot à dire
Le gouvernement du Québec s’invite dans le dossier des factures d’électricité impayées par 45 % des clients des communautés autochtones. Il demande à Hydro-Québec de le consulter avant qu’une décision soit prise concernant l’effacement des dettes.
Mercredi, la PDG d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, s’est rendue à Chisasibi, sur les rives de la Baie-James, pour discuter de l’augmentation de la puissance de la centrale LG2. Depuis la Paix des braves, il n’est plus question de lancer un chantier hydroélectrique sans l’accord des Premières Nations. Cependant, le litige concernant les factures impayées entrave la bonne marche de la « stratégie de réconciliation » d’Hydro-Québec avec les Autochtones.
À Chisasibi, un client résidentiel a accumulé en moyenne 39 000 $ de compte d’électricité en souffrance, avec des arriérés de paiement parfois depuis plus de 20 ans. Selon des sources de Radio-Canada, Hydro-Québec estime ces impayés à plus de 250 millions de dollars, touchant une quinzaine de communautés des Premières Nations sur les 41 du Québec, principalement cries et innues, où l’entreprise exploite déjà des barrages et planifie d’importants projets.
Plusieurs membres des Premières Nations refusent de payer leur électricité, arguant qu’ils n’ont reçu aucune indemnisation pour les dommages causés par la construction des centrales. Certains chefs réclament même que l’électricité soit gratuite pour leurs membres.
Claudine Bouchard a déclaré : « C’est une situation complexe à laquelle il faut trouver le bon remède pour le régler une fois pour toutes. On est en train de réfléchir à ce qu’on va faire avec ça. » Depuis le mois dernier, Hydro-Québec étudie l’idée d’effacer les dettes et de remettre aux conseils de bande la gestion des impayés, une recommandation d’un rapport indépendant commandé au juge en chef à la retraite François Rolland.
Le gouvernement du Québec, bien qu’il n’ait pas été impliqué dans l’élaboration de la stratégie de réconciliation d’Hydro-Québec, souhaite être consulté pour résoudre le litige des factures. Le ministre Bernard Drainville a confirmé qu’il attend des discussions à ce sujet avec la société d’État.
Le rapport Rolland fait plusieurs recommandations, notamment que l’État déploie des agents de liaison dans les communautés pour offrir des services d’information en économie et aider à la gestion de budget. Selon ce rapport, 55 % des clients des communautés autochtones paient leur compte d’électricité dans les délais prescrits, ce qui signifie que 45 % ne le font pas. Les factures impayées des clients des communautés autochtones représentent 20 % de l’ensemble des créances problématiques d’Hydro-Québec.
En conclusion, la situation des factures impayées par les clients autochtones soulève des questions complexes de réconciliation et d’équité, tant pour les Premières Nations que pour les autres clients d’Hydro-Québec.
Source : Radio-Canada



