Québec s’attaque aux « contaminants éternels » rejetés par les lieux d’enfouissement

Québec s’attaque aux « contaminants éternels » dans les lieux d’enfouissement

Le gouvernement du Québec a annoncé qu’à partir du 16 août, le suivi des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), surnommées « contaminants éternels », sera obligatoire dans les lieux d’enfouissement technique (LET) de la province. Cette me vise à établir des données sur la concentration de ces substances dans les rivières et pourrait conduire à l’imposition de limites de rejets dans l’environnement par le ministère de l’Environnement.

Actuellement, les entreprises et municipalités peuvent rejeter des quantités illimitées de PFAS dans l’environnement, car aucune norme n’est en vigueur. Ces produits chimiques, utilisés dans des objets du quotidien comme les imperméabilisants, se retrouvent dans les eaux usées des lieux d’enfouissement.

Le ministère de l’Environnement a souligné que cette me est essentielle pour déterminer si les LET contribuent à la présence de PFAS dans l’environnement. Il a également mentionné que des limites de concentration pourraient être établies par la suite, permettant de cibler les interventions nécessaires.

André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, a salué cette décision, affirmant qu’elle représente une avancée significative, car les LET sont une source majeure de PFAS dans les rivières. Des recherches récentes indiquent que ces sites contribuent de manière disproportionnée aux rejets de PFAS comparativement à d’autres sources.

Le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) a également exprimé son soutien à cette initiative, appelant à une collaboration avec le ministère de l’Environnement pour établir des normes précises visant à protéger la population.

Cependant, des voix s’élèvent pour demander une action plus rapide. André Bélanger a proposé l’imposition de normes temporaires, soulignant l’urgence de la situation. De son côté, Kevin Morin, directeur général du CETEQ, a insisté sur la nécessité de réduire la quantité de PFAS présents dans les produits de consommation, avertissant que sans cette réduction, les efforts de traitement ne seraient que des solutions temporaires.

Les solutions techniques pour traiter les eaux usées contenant des PFAS existent, mais des obstacles réglementaires persistent. Les ingénieurs doivent connaître les objectifs de traitement pour concevoir des systèmes efficaces. Actuellement, les systèmes de traitement dans les sites d’enfouissement se concentrent principalement sur l’élimination des composés biodégradables.

Le ministère de l’Environnement mène également un projet d’acquisition de connaissances sur les effluents municipaux, avec des mes de la concentration de PFAS pour orienter les actions des municipalités vers des efforts de réduction à la source.

Source : Radio-Canada

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