Quandela mise sur la photonique pour révolutionner l’intelligence artificielle
On ne sait toujours pas quand l’ordinateur quantique surpassera un ordinateur classique en termes de vitesse. Cependant, Quandela, l’un des quatre leaders français dans ce domaine, est convaincu que sa technologie photonique sera la première à atteindre cet objectif, notamment dans les applications de machine learning.
Valérian Giesz, cofondateur de Quandela, a déclaré : « Avec le même algorithme quantique sur une application de détection de malware, Orange a pu évaluer que notre ordinateur quantique photonique était 16 % plus précis que l’ordinateur quantique supraconducteur d’IBM. » Actuellement, la startup développe une nouvelle génération de machines de 24 qubits, alors qu’elle ne calcule pour l’instant qu’en 12 qubits.
L’ordinateur quantique photonique, qui utilise des photons, présente plusieurs avantages. Sa taille est réduite, nécessitant une température de fonctionnement inférieure à un degré Kelvin, ce qui lui permet de tenir dans une baie standard de 3 kW. Les photons, sans masse ni charge, sont moins sensibles au bruit, et l’appareil peut communiquer avec des ordinateurs classiques via des fibres optiques simples.
Un autre point fort de cette technologie est sa capacité à manipuler les qubits. Giesz a expliqué : « La communication des qubits avec des atomes fixes est limitée à des connexions de proximité, tandis que nos photons peuvent interagir librement. Cela semble fonctionner mieux pour le machine learning. » En effet, lors d’un essai chez BMW, l’ordinateur quantique de Quandela a détecté des artefacts dans des photos assombries avec une précision 4 % supérieure à celle d’un ordinateur classique.
La scientifique Pascale Senellart, cofondatrice de Quandela, souligne que l’ordinateur quantique photonique est conçu pour déterminer des probabilités rapidement, contrairement aux ordinateurs classiques qui doivent évaluer toutes les possibilités. Elle compare ce fonctionnement à un jeu de planche à clous où 50 photons pourraient déterminer les probabilités de succès en fonction de la disposition des clous.
Pour renforcer son rôle dans le domaine de l’intelligence artificielle, Quandela a lancé une bibliothèque nommée Merlin, permettant aux data scientists de faire fonctionner leurs réseaux de neurones sur son ordinateur quantique. Cette bibliothèque inclut également un outil capable de simuler un ordinateur quantique photonique de 30 à 40 qubits sur un GPU, spécifiquement conçu pour s’interfacer avec les cartes Nvidia.
Bien que Quandela n’ait pas inventé l’ordinateur quantique photonique, elle est reconnue pour sa capacité à le rendre accessible. La société a développé un système de quantum dots, qui permet de produire des photons uniques avec une efficacité bien supérieure à celle des méthodes précédentes.
Fondée en 2017, Quandela est une spin-off des laboratoires du Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies du CNRS. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui environ 150 personnes, vend ses ordinateurs quantiques à des clients comme le CEA et OVHcloud, et s’ouvre également aux marchés internationaux. Aux États-Unis, sa technologie a été sélectionnée par la DARPA dans le cadre de son programme Quantum Benchmark Initiative.
Pour conclure, Quandela semble bien positionnée pour jouer un rôle clé dans l’avenir de l’informatique quantique, notamment grâce à ses innovations dans la photonique.
Source : LeMagIt
