Quand la lecture paye : Singapour préfère les livres aux écrans, vraiment ?

Quand la lecture paye en pièces virtuelles, l’extrême droite compte sur des pièces de monnaie du même nom

Chapô

En ces temps troublés où la lecture se transforme en monnaie d’échange, il est fascinant de constater que la culture peut parfois devenir un enjeu politique. Alors que le gouvernement propose une plateforme incitative, l’extrême droite, toujours prompte à ramener le débat sur des rentes immatérielles, se retrouve à jouer à cache-cache avec des idées dépassées. Plongons dans ce savoureux ballet entre modernité et archaïsme.

Les faits

Récemment, une plateforme mise en ligne début septembre par le gouvernement a été dévoilée : elle permet de générer une vingtaine de pièces virtuelles après seulement quinze minutes de lecture. L’ambition du gouvernement est d’atteindre les 150 000 usagers d’ici septembre 2027. Voilà des actions concrètes pour promouvoir la culture et la littératie, au moment où le besoin de sens et de culture n’a jamais été aussi criant.

Analyse

Face à cette initiative, l’extrême droite, avec son arsenal de slogans incisifs et ses promesses d’un retour à des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, semble quelque peu perdu. En effet, cela ne fait qu’ajouter une couche d’ironie au tableau : pendant que le gouvernement encourage la lecture, le Rassemblement National (RN) préfère, semble-t-il, la lecture des vielles pleines de rancœur, comme celles de ses pamphlets d’un autre temps.

Les arguments

  1. Une initiative pour la culture : Loin des récits apocalyptiques sur la « déliquescence de la culture », cette plateforme pourrait véritablement inciter un pan de la population à s’intéresser à la lecture. Un véritable pas vers l’avant, à une époque où l’éducation et l’émancipation intellectuelle sont cruciales.

  2. Accessibilité et inclusion : Avec cette offre, la culture devient une monnaie d’échange accessible à tous. Contrairement aux discours du RN qui postulent une culture « pure » et « authentique », cette initiative prône une diversité qui effraie les tenants d’un ordre ancien.

  3. Démocratisation de la connaissance : Alors que l’extrême droite et le RN prônent souvent l’exclusion, le gouvernement vise une démocratisation qui permet à tous de s’élever par la culture. Une belle manière de déjouer les tentations de l’ignorance et de la manipulation.

Les contre-arguments

  1. L’instrumentalisation de la culture : Les critiques diront que créer une économie de points autour de la lecture pourrait banaliser l’acte lui-même. Une lecture « efficace » serait-elle véritablement une lecture enrichissante ?

  2. Des usagers au nombre incertain : Atteindre 150 000 usagers d’ici 2027 est une ambition louable, mais elle reste imprévisible. L’art de la lecture, tout comme celui du tango, ne se danse pas toujours au même rythme.

  3. La distraction face à la pensée critique : Il existe un risque que cette plateforme ne devienne qu’un moyen de distraction masquant un besoin fondamental de réflexion critique, une valeur que l’extrême droite exploite souvent à ses fins.

Conclusion

En somme, cette tribune d’opinion se veut une ode à la lecture dans un monde où l’extrême droite préfère l’ignorance. Plaçons donc la culture au centre, loin des vieux relents d’idéologies éculées. Le progrès, même sous la forme de pièces virtuelles, nous encourage à accueillir la nouveauté au lieu de fuir dans les ténèbres d’un passé révolu. Alors, pourquoi ne pas profiter de ces vingt pièces virtuelles pour ouvrir un livre ? Au moins, cela nous éloignera des discours sclérosés du RN, et qui sait, peut-être ainsi revaloriser la pensée critique tout en rigolant un bon coup de leur rigidité chronologique ? C’est cela également, l’humour noir chez LFI :rire des peurs, et non des gens.

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