Pyromanes et incendiaires : Ce que la science établit sur les auteurs de feux de forêt
Chaque été, la France est ravagée par des feux de forêt, soulevant des interrogations sur l’origine criminelle de ces catastrophes. Qui sont les responsables et quelles sont leurs motivations ? La criminologie et la psychiatrie médico-légale offrent des éclairages sur ce phénomène, souvent en contradiction avec les idées reçues.
La part humaine et volontaire des feux : une donnée fuyante
En France, environ 90 % des départs de feu sont d’origine humaine. Il est crucial de distinguer les cas d’imprudence, tels que les mégots ou les travaux, de la malveillance délibérée. Les estimations varient quant à la proportion de feux réellement volontaires, oscillant entre 10 % et près de 30 %. Cette vaste fourchette est due à une méthodologie complexe, où de nombreux sinistres restent classés comme « inconnus » ou « indéterminés », rendant toute statistique sur la criminalité incendiaire difficile à interpréter.
Pyromane n’est pas incendiaire
Il est courant de confondre pyromane et incendiaire. La pyromanie, diagnostic psychiatrique rare, implique une fascination pour le feu sans mobile rationnel, tandis que l’incendiaire agit généralement pour des motifs tels que la vengeance ou le vandalisme. Les études montrent que seule une petite fraction des incendiaires récidivistes souffre d’une véritable pyromanie.
Les typologies de l’incendie volontaire
Les travaux de David Canter et Katarina Fritzon classifient les incendies selon deux axes : instrumental ou expressif. Les motivations identifiées incluent la vengeance, le vandalisme, l’intérêt matériel, et parfois des besoins d’attention ou d’héroïsme, comme dans le cas des « pompiers pyromanes ». La colère et la vengeance sont souvent les moteurs principaux des actes d’incendie.
Profils sociodémographiques
Les études sur les incendiaires révèlent un profil prédominant : il s’agit majoritairement d’hommes jeunes, souvent avec un faible niveau scolaire et des antécédents familiaux difficiles. Une étude récente de 2024 sur 450 incendiaires ruraux indique que 61 % d’entre eux présentent des problèmes de santé mentale et d’alcool.
Conclusion : lire les profils avec prudence
Il est essentiel d’aborder ces profils avec précaution, car les données proviennent principalement d’incendiaires arrêtés, laissant de côté des auteurs plus organisés. La me de la criminalité incendiaire reste incertaine tant que de nombreux feux demeurent sans cause déterminée. Ce constat souligne que l’incendiaire mû par un mobile est la règle, tandis que le pyromane clinique reste une exception.
Source : Observatoire des forêts, ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.