Une adolescente de 14 ans contrainte à la prostitution : des peines alourdies pour les proxénètes
À Nîmes, la justice a récemment condamné en appel trois hommes, une femme et un adolescent impliqués dans un réseau de prostitution ayant exploité une jeune adolescente de 14 ans. Cette affaire, qui a suscité une forte émotion, met en lumière les enjeux de la prostitution des mineurs en France.
Quatre prévenus, suspectés d’avoir prostitué cette adolescente, ont été jugés à nouveau après un appel du parquet suite à une première condamnation prononcée le 30 janvier 2026. La victime, aujourd’hui âgée de 15 ans, n’était pas présente lors de l’audience en raison de son état psychologique jugé trop fragile, ses parents ayant exprimé leur volonté de la protéger. Sa mère a déclaré : « Aujourd’hui, elle est dans un état très inquiétant parce qu’elle nous parle d’envie de mourir. »
Les faits se sont déroulés entre le 1er et le 31 mai 2025, période durant laquelle la jeune fille, originaire du Gard rhodanien, a été contrainte à des actes sexuels dans divers lieux à travers la France, de Paris à Marseille, en passant par Lyon et Saint-Étienne. Selon ses déclarations aux enquêteurs, elle a pu enchaîner jusqu’à 40 clients par jour, sous la menace des proxénètes.
Un adolescent, lié à cette affaire, a déjà été condamné à cinq ans de prison par une juridiction pour mineurs. En première instance, plusieurs prévenus avaient été reconnus coupables, mais certains avaient reçu des peines inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé jusqu’à huit ans de prison ferme. Deux prévenus avaient été relaxés.
Le parquet de Nîmes, estimant que les décisions du tribunal n’étaient pas conformes à ses réquisitions, a décidé de faire appel. Lors de l’audience du 30 juin 2026, l’avocat général a requis des peines allant de 2 à 8 ans d’emprisonnement pour les prévenus. Finalement, trois d’entre eux ont été condamnés à des peines de 2 à 6 ans pour proxénétisme aggravé, soit deux ans de plus qu’en première instance. Le quatrième a été relaxé.
Du côté de la partie civile, on déplore que les véritables responsables de ce réseau organisé ne soient pas inquiétés. Maître Florence De Prato a souligné que les têtes de réseau, bien que non présentes lors du procès, avaient démontré une organisation structurée.
Les trois condamnés ont la possibilité de se pourvoir en cassation.
Source : France 3 Régions