Protection des civils : dénonciation des abus par des humanitaires dans les zones de conflit

Protéger les civils des abus commis par des humanitaires

Abus humanitaires au Tchad : Enquête et sanctions

De nombreux cas d’abus perpétrés par le personnel humanitaire sur des femmes réfugiées et des populations hôtes sont signalés dans des camps de réfugiés de l’est du Tchad. Fin juin dernier, Médecins sans frontières (MSF) a licencié au moins 18 membres de son personnel suite à des enquêtes internes sur des accusations d’exploitation, de harcèlement et d’abus sexuels, émanant de femmes réfugiées soudanaises.

Les personnes concernées par ces accusations incluent des employés sous contrat, des travailleurs journaliers, ainsi que des prestataires et fournisseurs. Au total, 59 allégations de comportements abusifs ont été examinées au cours de plusieurs mois d’enquête.

Zenaba, une des victimes, témoigne : « Il y avait un monsieur qui nous distribuait souvent de la nourriture, qui est venu une nuit pour me demander de dormir avec moi. J’ai accepté sans réfléchir et il a couché avec moi. Il est revenu deux fois et, comme j’ai menacé de le dénoncer, il a disparu et n’est plus revenu. »

Le chercheur Yamingué Betinbaye souligne que la vulnérabilité économique des populations réfugiées est un facteur clé expliquant ces abus. Cette détresse matérielle peut pousser certaines personnes à se livrer à des actes d’exploitation en échange de biens matériels ou d’argent.

Pour dissuader de tels comportements, plusieurs sanctions sont mises en place. Cela inclut des licenciements, des exclusions définitives de tout emploi dans les services de MSF et des poursuites judiciaires. L’organisation peut également transmettre des dossiers à des juridictions pour que les individus impliqués soient poursuivis.

Outre le personnel humanitaire, des abus sont également signalés entre populations hôtes et réfugiées, notamment lors de la collecte de bois en dehors des camps. Pour répondre à cette problématique, le gouvernement tchadien et l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) collaborent pour sensibiliser les acteurs sur le terrain. La ministre de la Femme et de la Petite Enfance, Kitoko Gata Ngoulou, a déclaré que des centres de prise en charge sont disponibles pour fournir un soutien juridique et psychologique aux victimes.

Dans un communiqué officiel, Laura Leyser, secrétaire générale internationale de Médecins sans frontières, a affirmé que ces abus sont une violation grave des valeurs de l’organisation et que des mes doivent être prises pour prévenir de tels comportements.

Source : DW News

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