Prostitution : le bilan très mitigé de la loi du 13 avril 2016 pénalisant les clients
Le 13 avril 2016, la loi Olivier-Coutelle, visant à lutter contre le système prostitutionnel, a été promulguée après deux ans et demi de débats. Cette législation a modifié la situation des 40 000 personnes en situation de prostitution en France, qui ne sont plus concernées par le délit de racolage. Désormais, ce sont les clients qui sont pénalisés, avec des amendes de 1 500 euros pour l’achat d’un acte sexuel, pouvant atteindre 3 750 euros en cas de récidive.
Depuis l’adoption de cette loi, les effets sur le terrain ont suscité des débats. Les partisans de la loi, principalement issus du Parti socialiste et du Front de gauche, affirmaient qu’elle protégerait les travailleuses du sexe en réduisant la demande. Cependant, des critiques soulignent que cette approche a pu renforcer la stigmatisation et la vulnérabilité des personnes concernées.
Aucune donnée officielle récente n’est disponible pour évaluer l’impact précis de cette législation sur la sécurité et les conditions de vie des personnes en situation de prostitution. Toutefois, des manifestations, comme celle organisée à Lyon en juin 2025 pour commémorer les cinquante ans de l’occupation de l’église Saint-Nizier par un collectif de travailleuses du sexe, mettent en lumière la persistance des problèmes liés à la répression policière et aux exclusions sociales.
La loi, initialement soutenue par le Parti socialiste, a vu des voix s’élever pour en demander la révision, soulignant la nécessité d’une approche plus nuancée et centrée sur les droits des personnes concernées.
Source : Nouvel Obs.