Le nombre de projets de plus de 1.000 m² examinés par les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) a enregistré une hausse de 7 % en 2025. Toutefois, les surfaces autorisées ont connu une diminution significative, avec 413 projets examinés dont neuf sur dix ont reçu un avis favorable, selon la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) dans son rapport annuel publié mi-mars. Ce chiffre reste éloigné des niveaux observés en 2021 et 2022, qui comptaient respectivement 623 et 642 projets examinés. En parallèle, la surface de vente totale examinée a chuté, passant de 685.215 m² en 2024 à 527.347 m² en 2025. La Cnac souligne que, malgré l’augmentation du nombre de dossiers, les demandes portent sur des projets de moindre envergure, en raison des objectifs du ZAN et des transformations des modes de consommation, notamment avec la montée du e-commerce et de la livraison. De plus, la hausse des coûts de construction et la saturation des espaces commerciaux impactent particulièrement le secteur alimentaire, où les magasins réduisent leur surface de vente.
Il est à noter que 61 % des dossiers concernent des extensions plutôt que des créations. Bercy commente que « l’aménagement commercial ne peut plus relever d’une logique d’expansion, mais doit accompagner des stratégies de recomposition, de requalification et d’intégration territoriale ».
Évolution des drives
Un total de 118 recours ont été déposés et examinés par la Cnac, marquant une baisse de 19 % par rapport à 2024. Dans 58 % des cas, l’autorisation a été confirmée. Dans le cadre de la procédure de « revoyure », 19 projets ont été examinés, dont 14 ont reçu un avis favorable, soulignant l’intérêt de cette procédure pour améliorer la qualité des projets présentés. Parmi les 118 projets examinés, 40 incluaient un drive. Ce mode de consommation, introduit au milieu des années 2010, a connu une progression rapide, notamment depuis la crise sanitaire, atteignant 7.294 drives au 1er juillet 2025, soit une augmentation de 243 % par rapport à 2014.
Vacance commerciale
La Cnac a également mis en lumière l’augmentation de la vacance commerciale, qui est passée de 9,5 % à 10,9 % entre 2021 et 2024. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de mutations profondes du commerce, marquées par la fin progressive des aides instaurées durant la crise sanitaire, l’évolution des modes de consommation, la montée du commerce en ligne et les tensions sur les loyers commerciaux. Cette vacance, autrefois concentrée dans certains centres-villes, s’étend désormais aux zones commerciales et retail parks, avec des enjeux d’obsolescence de certains formats et de concurrence accrue entre pôles périphériques. La Cnac précise que la vacance commerciale constitue un indicateur clé de l’aménagement du territoire, signalant des transformations dans les zones commerciales périphériques.
Source : Michel Tendil, Localtis, 7 avril 2026.
