Contraception hormonale : plusieurs progestatifs associés au risque de méningiome
Une vaste étude danoise, publiée le 2 juillet dans la revue Jama Network Open, met en lumière une association entre certains progestatifs utilisés comme contraceptifs hormonaux et un risque accru de méningiome, une tumeur bénigne des méninges. Bien que le risque individuel demeure faible, les résultats soulèvent des préoccupations.
L’étude, réalisée entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2024, a inclus environ 3 millions de femmes âgées de 15 à 59 ans vivant au Danemark. Les chercheurs ont comparé 1 473 cas de méningiome à 14 730 femmes témoins n’ayant pas développé la tumeur, en tenant compte de caractéristiques comparables telles que l’âge et le lieu de naissance.
Parmi les douze contraceptifs hormonaux examinés, huit ont été associés à un risque significatif de méningiome. L’utilisation de progestatifs tels que la cyprotérone, le désogestrel, la drospirénone, le gestodène, le lévonorgestrel, la médroxyprogestérone injectable et les dispositifs intra-utérins (DIU) à forte dose a montré une augmentation du risque. Le lévonorgestrel présentait une augmentation de 40 %, tandis que le risque était plus de quatre fois supérieur pour la médroxyprogestérone injectable. Ce risque était maximal pour les utilisations récentes, diminuant progressivement avec le temps, et était plus élevé chez les femmes plus âgées.
Les chercheurs ont également évalué le nombre de femmes devant utiliser un contraceptif pour qu’un cas supplémentaire de méningiome apparaisse, un indicateur connu sous le nom de NNH (nombre nécessaire à traiter). La médroxyprogestérone avait le NNH le plus faible, indiquant un risque plus élevé, tandis que les contraceptifs oraux combinés et les DIU avaient des NNH plus élevés, en particulier chez les jeunes femmes.
En France, la médroxyprogestérone et la cyprotérone ne sont pas prescrites comme contraceptifs, contrairement au désogestrel, à la drospirénone, au gestodène, au lévonorgestrel et aux DIU fortement dosés au lévonorgestrel.
Une étude menée par Epi-Phare en 2024 a examiné le risque de méningiome associé au désogestrel et au lévonorgestrel, ne trouvant pas d’augmentation significative du risque pour le lévonorgestrel. Cependant, une légère augmentation a été observée pour le désogestrel chez les femmes de plus de 45 ans après plus de cinq ans d’utilisation, estimant qu’un cas opéré de méningiome pourrait survenir pour environ 17 000 femmes exposées.
Ces résultats pourraient inciter les autorités sanitaires à réévaluer la sécurité de certaines molécules contraceptives, bien que le méningiome reste une pathologie rare.
Source : Jama Network Open
