Qui sont les étrangers qui vivent à Shanghai ?
Quatre ans après les confinements liés à la pandémie de Covid-19, la communauté expatriée à Shanghai commence à se redresser, mais selon une dynamique profondément transformée. Le nombre d’expatriés est passé d’environ 178 000 personnes en 2015 à près de 92 000 en 2024, après une baisse en 2023. Cette reprise est inégale selon les nationalités : le nombre d’Européens se stabilise ou progresse, tandis que les communautés américaine et japonaise peinent à retrouver leurs niveaux d’avant-crise.
Dans certains quartiers, la présence étrangère redevient plus visible, avec l’anglais, le coréen et le français de nouveau souvent entendus dans les rues de l’ancienne concession française. Cependant, cette visibilité ne reflète pas un retour à la situation antérieure à la pandémie.
Les multinationales ont accéléré la substitution d’expatriés par des travailleurs locaux, notamment dans les postes intermédiaires. Gijs Sanders, un expatrié néerlandais, souligne que les fonctions autrefois occupées par des étrangers sont désormais largement assurées par des salariés chinois, souvent mieux formés et plus nombreux. Par exemple, dans l’usine Tesla de Shanghai, la quasi-totalité des effectifs est locale, ce qui illustre l’intégration des chaînes de production dans l’écosystème chinois.
Le profil des expatriés restants a également évolué. Les grandes vagues de cadres arrivant avec leur famille sont moins fréquentes. Ceux qui restent occupent des postes plus stratégiques ou décisionnels. Gijs Sanders indique que les expatriés présents sont souvent ceux capables de prendre des décisions importantes, renforçant leur rôle d’interface avec les sièges internationaux. Les nouveaux arrivants sont généralement plus spécialisés et familiers avec la Chine.
Parallèlement, les conditions d’expatriation se durcissent. Les entreprises réduisent les offres, incluant la prise en charge des coûts de logement et des frais de scolarité internationale, sous l’effet des coûts et de la concurrence locale. Les autorités renforcent également les exigences liées aux visas et aux permis de résidence. Enfin, le retour massif d’étudiants chinois formés à l’étranger, qui proposent leurs compétences sur le marché du travail, accentue la dynamique d’embauche locale.
Source : South China Morning Post.
