Leur casier judiciaire parle pour eux

Ce lundi 22 juin s’est ouvert au tribunal correctionnel du Mans un procès pour escroquerie hors norme, tant par son préjudice financier que par le nombre de parties civiles. Grégory Russel et Sidonie Grasset, anciens gérants du domaine viticole du Château Belmar dans la Sarthe, seront jugés pendant deux jours.

Les accusations sont multiples : escroquerie, abus de confiance en récidive, gestion d’une entreprise malgré une interdiction, blanchiment et fraude fiscale. Près de 200 parties civiles et un préjudice estimé à 7 millions d’euros sont à l’origine de ce procès.

L’escroquerie a débuté en 2016, lorsque Russel et Grasset ont acquis près de 15 hectares près de Mamers. Pour financer leur activité, ils ont sollicité des investissements privés, attirant près de 200 personnes, principalement des retraités, qui ont cru en un vin présenté comme exceptionnel. Au total, 7,3 millions d’euros ont été récoltés, avec l’aide d’un notaire du Mans, François de Chasteigner.

Cette somme a rapidement été détournée, permettant aux gérants de financer leur train de vie. La justice a saisi des biens, dont une Porsche et une Ferrari, ainsi que plus de 2 millions d’euros d’avoirs. Les victimes, quant à elles, espèrent récupérer leurs investissements.

Maître Caroline Roth, avocate des parties civiles, souligne : « On a face à nous des gens qui sont un peu des experts de l’escroquerie, leur casier judiciaire parle pour eux. Ils avaient réussi à mettre en place un système extrêmement performant qui permettait d’avoir un paraître impeccable, mais derrière, il y avait des détournements de fonds. »

Initialement prévu en avril, le procès a été reporté en raison du nombre élevé de victimes. Les avocats des accusés ont demandé un nouveau report, invoquant des conditions climatiques et des incidents de procédure, mais la Cour a décidé de maintenir la procédure.

Dans la salle climatisée du tribunal, Grégory Russel, 68 ans, a comparu, les bras croisés. Sa femme, Sidonie Grasset, a essuyé quelques larmes. Tous deux sont jugés pour les mêmes faits. Leur notaire, également âgé de 68 ans, est jugé pour complicité d’escroquerie.

Le procès se poursuivra jusqu’au mardi 23 juin.

Source : France 3

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