Mort de 31 migrants dans la Manche : procès ordonné pour 14 personnes
Un procès a été ordonné concernant le naufrage le plus meurtrier de migrants dans la Manche, survenu en novembre 2021. Quatorze individus, présumés liés à des réseaux de passeurs, seront jugés en correctionnelle pour la disparition de 31 personnes.
Les prévenus sont notamment poursuivis pour homicide involontaire, bless involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs, a indiqué le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) le 16 juin. La plupart des suspects sont originaires d’Afghanistan et d’Irak, soupçonnés d’avoir contribué à des réseaux d’immigration illégale visant à tirer profit d’étrangers cherchant à traverser vers l’Angleterre.
En parallèle, l’enquête sur d’éventuels manquements de militaires français se poursuit. Sept militaires, dont cinq membres du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant, sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
Concernant les passeurs présumés, deux filières ont été identifiées, correspondant à des réseaux communautaires afghans et irako-kurdes. Les rôles attribués aux quatorze mis en cause varient, incluant des organisateurs de traversée, chauffeurs et logeurs. La plupart d’entre eux contestent leur responsabilité, certains se présentant comme de simples migrants.
Matthieu Chirez, avocat représentant 113 parties civiles, a salué l’ordonnance comme une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage. Il a souligné que le procès offrirait aux familles des victimes l’occasion de s’exprimer.
Le naufrage, survenu entre le 23 et le 24 novembre 2021, a impliqué un petit bateau de mauvaise qualité, non homologué et inadapté à la navigation en mer, qui a chaviré à la limite des eaux françaises et britanniques. Les corps retrouvés comprenaient 17 hommes, sept femmes, deux adolescents et une fillette de sept ans, majoritairement d’origine afghane ou irako-kurde. L’enquête a également révélé que trois Irakiens et un Égyptien auraient disparu, tandis que seuls un Somalien et un Irakien ont survécu.
L’enquête a établi que cette catastrophe était due à des défaillances matérielles et humaines, causées par des individus motivés par l’appât du gain. Les victimes provenaient principalement du camp de migrants de la « jungle de Grande-Synthe », près de Dunkerque, et avaient payé une somme considérable pour cette traversée.
La tragédie souligne l’augmentation des traversées de la Manche en petites embarcations, phénomène apparu en 2018 et à l’origine de nombreux naufrages.
Source : AFP
