Procès Iganache : « Je me sentais partir à chaque coup »
Ce mercredi, troisième jour du procès de Stéphane Iganache, la Cour d’assises de Maine-et-Loire a entendu le témoignage bouleversant d’une jeune femme agressée à Chailland lors de la cavale de l’accusé. Son récit a été corroboré par des expertises médicales, confirmées par l’accusé lui-même.
Le 28 juin 2023, la victime, âgée de 24 ans, rentrait chez elle après le travail lorsqu’elle a découvert une fenêtre du garage ouverte. Un homme, Iganache, était en train de monter les escaliers. Après une brève altercation, l’agression a commencé. La Cour a écouté un extrait de l’appel passé au Samu pendant l’attaque, où l’on entend des cris et une voix masculine calme, ainsi que la jeune femme affirmant qu’il s’agit d’une propriété privée.
Au moment où elle se rendait compte de la gravité de la situation, elle a été plaquée contre le mur de ses toilettes et étranglée. « Ça paraît une éternité,
Deux jours après l’agression, une médecin légiste a constaté une ecchymose cervicale de cinq centimètres, compatible avec une strangulation. La jeune femme a également décrit une violence inouïe, affirmant qu’elle se mettait en position fœtale pour se protéger, tout en se sentant « partir à chaque coup ».
Un second médecin a observé, lors d’un examen six jours après les faits, des troubles de l’appétit et du sommeil, ainsi que des comportements d’évitement. De plus, la victime avait appris deux jours avant l’agression qu’elle était enceinte ; une échographie a révélé qu’elle ne l’était plus par la suite. Bien que la légiste n’ait pas établi de lien de causalité certain, elle a reconnu que le stress aigu pouvait avoir contribué à la fausse couche.
Un voisin, témoin de l’agression, a décrit la victime comme « toute bouleversée » et a confirmé la présence de marques de strangulation sur son corps. Il a exprimé son admiration pour sa force mentale.
Depuis l’agression, la jeune femme vit dans la peur, prenant des mes de sécurité supplémentaires chez elle. Elle a déclaré : « J’essaie de me sécuriser au maximum » et a avoué être sous anxiolytiques. Face à ses juges, elle a conclu : « Je me la chance que j’ai d’être là aujourd’hui pour vous raconter cette agression. Ça aurait pu être beaucoup plus dramatique. »
Stéphane Iganache, interrogé, a reconnu avoir frappé la victime en voulant voler ses clés de voiture. Il a admis avoir exercé une pression sur sa gorge et a confirmé les coups portés. Il encourt la réclusion à perpétuité.
Source : France 3 Régions.
