Attentat de Trèbes et Carcassonne : le procès en appel s’ouvre à Paris
Le procès en appel de deux accusés liés aux attentats de Trèbes et Carcassonne (Aude) en 2018, qui avaient causé la mort de quatre personnes, dont le gendarme Arnaud Beltrame, a débuté lundi devant la cour d’assises de Paris spécialement constituée.
Marine Pequignot, la compagne radicalisée de Radouane Lakdim, qui avait perpétré les meurtres le 23 mars 2018, comparaît avec Samir Manaa, qui avait assisté l’assaillant dans l’achat du couteau ayant blessé mortellement Arnaud Beltrame. Ces attentats avaient été revendiqués par l’organisation État islamique. Le procès en appel se déroule devant une juridiction « spéciale » dédiée aux affaires de terrorisme, composée exclusivement de magistrats professionnels, sans jurés populaires.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a fait appel des condamnations de Pequignot et Manaa, jugées trop clémentes lors du premier procès, avec une audience prévue jusqu’au 9 octobre.
Un troisième accusé expulsé du territoire
Marine Pequignot, aujourd’hui âgée de 26 ans et se présentant comme « conseillère en insertion professionnelle », avait été condamnée à cinq ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, pour association de malfaiteurs terroriste. Samir Manaa, 32 ans, avait écopé de trois ans de prison pour des délits connexes, mais avait été relaxé d’association de malfaiteurs terroriste, tout comme trois autres des cinq accusés.
Le président de la cour d’assises avait précisé que l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste nécessite des actes matériels en soutien à un projet terroriste, ce qui n’avait pas été retenu dans ce cas.
Les deux accusés comparaissent libres, tandis qu’un troisième, Baghdad H., qui n’a pas dénoncé l’assaillant, a également fait appel de sa condamnation à trois ans de prison, mais ne s’est pas présenté au procès. Il a été expulsé vers le Maroc après la révocation de son titre de séjour en France et reste introuvable. La cour a décidé de disjoindre son cas pour un éventuel procès futur.
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, fiché S, avait d’abord tué une personne sur un parking de Carcassonne, puis, dans un supermarché de Trèbes, il avait exécuté trois autres personnes, dont le gendarme Beltrame, qui s’était offert comme otage. L’assaillant avait été abattu par les forces d’intervention.
Avec AFP
