Procès des salariés de RTE : un comité de soutien aux six salariés grévistes devant la justice à Angers après le black-out de 2022

Procès des salariés de RTE : un comité de soutien aux six grévistes devant la justice à Angers

Des salariés grévistes de RTE ont comparu ce 15 juillet 2026 devant le palais de justice d’Angers. Soupçonnés d’avoir coupé le courant le 2 juin 2022 dans l’agglomération angevine, les six grévistes ont pu compter sur le soutien d’un rassemblement présent au tribunal. Ils encourent une peine de dix mois de prison avec sursis.

À la suite d’une coupure d’électricité géante privant près de 175 000 foyers d’électricité pendant plusieurs heures à Angers, six salariés grévistes de RTE étaient renvoyés ce mercredi 15 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel d’Angers. Survenue le 2 juin 2022 dans la matinée, la panne a eu des conséquences importantes : trains et tramways immobilisés, usines à l’arrêt, commerces plongés dans le noir complet et ascenseurs bloqués entre deux étages.

Les six prévenus, poursuivis pour “entrave à la liberté de travail”, “mise en danger de la vie d’autrui” et “dégradation”, se trouvaient, selon les enquêteurs, parmi une cinquantaine de manifestants rassemblés devant le poste de transformation de Corbière, à Saint-Barthélemy d’Anjou. En grève depuis trois mois, ils réclamaient des hausses de salaire dans un contexte de conflit social national.

Bien qu’ils ne nient pas avoir participé aux blocages, ils affirment leur innocence quant à une possible implication dans les dégradations, tout en contestant être à l’origine de la coupure générale. Pascal Rouiller, avocat représentant des plaignants, a déclaré : “Des gens voulaient faire la grève, c’est leur droit le plus strict. Mais ceux qui font la grève n’avaient pas le droit d’interdire à ceux qui voulaient travailler de travailler.”

Les préjudices liés à cette coupure, estimés à plusieurs dizaines de milliers d’euros, laissent un goût amer pour les victimes, qui entendent rappeler au tribunal “le principe du droit au travail, au-delà même de l’indemnisation”. Avant l’ouverture de l’audience, un comité de soutien s’est rassemblé, réunissant près d’une centaine de militants de la CGT, dénonçant “un procès politique” et “une répression antisyndicale”.

Jean-Marc Bozzani, responsable régional de la CGT, a précisé que les salariés avaient lutté pour la dignité des salaires et n’avaient pas intervenu sur l’outil de travail. Le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard, a requis une peine de dix mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus. Le délibéré sera rendu le 5 octobre.

Source : France 3 Régions

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