Pédocriminalité : « Ce qui m’inquiète, c’est le risque de récidive »
À la veille de l’ouverture du procès de l’ex-directeur d’école de Noyal-Muzillac (Morbihan), jugé pour viols et agressions sexuelles sur 36 enfants, l’avocate de l’une des jeunes victimes ne cache pas ses inquiétudes sur « le risque de récidive ».
Avocate vannetaise, Maître Karine Albanhac défend l’une des jeunes victimes de l’ancien directeur de l’école privée Sacré-Coeur de Noyal-Muzillac : « Il ne va pas bien. Il est dans la colère. Certains enfants auraient même des tendances suicidaires », raconte-t-elle.
Jean-Patern Ars, l’ancien directeur d’école, a reconnu l’intégralité des faits au cours de l’enquête, à l’exception des « jeux » sexuels qu’il aurait organisés contre « rémunération ». Il est actuellement en détention provisoire. Bien qu’aucune peine n’ait encore été prononcée, l’avocate s’inquiète pour l’avenir : « À supposer que le mis en cause prenne 20 ans, il faudra bien qu’il sorte. Né en 1994, ce qui m’inquiète, c’est le risque de récidive », ajoute-t-elle. Elle évoque également l’affaire Le Scouarnec, où la cour criminelle du Morbihan a reconnu un préjudice spécifique de crime sériel pour 189 victimes, leur ouvrant droit à une indemnisation de 4 000 € chacune via le Fonds de garantie des victimes (FGTI).
Maître Albanhac souligne que dans le cas présent, 36 enfants seraient concernés dans l’affaire de Noyal-Muzillac. Elle conclut : « L’enjeu est de réussir pour l’avenir à ce que les alertes soient mieux entendues, pour ne pas laisser les choses s’enliser et créer tant de souffrance ».
Le procès se tiendra du 10 au 18 septembre 2026, devant la cour criminelle départementale du Morbihan. En avril dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes avait ordonné la prolongation exceptionnelle de sa détention provisoire jusqu’en octobre 2026.
L’accusé est renvoyé devant la cour criminelle départementale pour des faits de viol commis sur un mineur de 15 ans, agression sexuelle imposée à un mineur de 15 ans, corruption de mineur de 15 ans, détention d’images à caractère pornographique d’un mineur, et atteinte à l’intimité de la vie privée. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.
Source : France 3 Régions.

