Prix du carburant atteignant un record malgré un baril sous son maximum.

Pourquoi le prix du carburant atteint un nouveau record alors que le baril n’est même pas à son maximum
Ce mercredi 9 septembre, le gazole se paie en moyenne 2,29 euros le litre en France, le SP95-E10 autour de 2,12 euros, et l’essence SP98 atteint 2,21 euros le litre en moyenne.

JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Ce mercredi 9 septembre, le gazole se paie en moyenne 2,29 euros le litre en France, le SP95-E10 autour de 2,12 euros, et l’essence SP98 atteint 2,21 euros le litre en moyenne.

EN BREF Les prix des carburants en France atteignent des records malgré un baril de Brent à 100,65 dollars, loin de son pic annuel.
La hausse actuelle est due aux coûts de raffinage, de transport et aux taxes.
La guerre au Moyen-Orient perturbe le raffinage et l’approvisionnement, augmentant les prix des produits finis, notamment le diesel.

Les prix des carburants atteignent de nouveaux records. Ce mercredi 9 septembre, le gazole se paie en moyenne 2,29 euros le litre en France, le SP95-E10 autour de 2,12 euros, et l’essence SP98 atteint 2,21 euros le litre en moyenne. Sur une semaine, le gazole a progressé d’environ 6 à 7 centimes le litre, tandis que l’E10 a gagné environ 5 centimes.

Ces hausses sont devenues habituelles ces derniers mois, sur fond de guerre au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d’Ormuz, principal canal de transit du pétrole mondial, contribue à la hausse du cours du Brent, ce qui se répercute sur les prix à la pompe.

Cependant, le prix du pétrole brut n’est pas à son maximum. Le baril de Brent est évalué à 100,65 dollars, ayant franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, mais il reste loin de son record de 126 dollars atteint au printemps dernier.

Le prix à la pompe ne dépend pas uniquement du Brent

« Cet écart entre ce que vous payez et ce que vous voyez sur les marchés financiers, le Brent, n’a jamais été aussi fort depuis 15 ans », indique Laure Closier, journaliste économique. Le prix à la pompe est influencé non seulement par le coût du baril, mais aussi par les coûts de raffinage, le taux de change euro/dollar, les frais de transport, le stockage et la distribution, ainsi que les taxes, qui représentent environ 60 % du prix final.

Sumit Ritolia, analyste chez Kpler, souligne que « le problème réside de plus en plus dans le raffinage et l’approvisionnement en produits finis, plutôt que dans l’offre de brut ». Les capacités de raffinage se sont resserrées, rendant difficile la conversion du pétrole brut en carburants, notamment en diesel.

Le raffinage du pétrole délocalisé au prix fort

La guerre au Moyen-Orient affecte également les capacités de raffinage. Des installations ont été endommagées et fonctionnent à capacité réduite. Selon Reuters, les conflits en Iran et en Ukraine ont contribué à réduire près de 9 % des capacités mondiales de raffinage.

Le pétrole brut doit donc être raffiné ailleurs, ce qui entraîne des coûts supplémentaires liés aux transports et à la main-d’œuvre. Les États-Unis, l’Europe et la France exploitent déjà leurs raffineries à plein régime, ce qui limite les capacités de transformation suffisantes pour répondre à la demande.

« Ce phénomène est mondial et ne concerne pas seulement l’Europe. Aux États-Unis, le gallon de diesel a atteint environ 5,90 dollars, en hausse de plus de 40 % », conclut Patrice Geoffron, professeur en économie.

Source : HuffPost.

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