“Privatisation” de la Coupe du Monde : le plan fou de Gianni Infantino qui scandalise la planète foot

Privatisation de la Coupe du Monde : Le plan controversé de Gianni Infantino

Ce vendredi 31 juillet, la FIFA, dirigée par Gianni Infantino, a tenté d’apaiser les inquiétudes suscitées par son projet « FIFA Forward Enterprise » (FFE), en affirmant que « personne n’est en train de vendre le football ». Révélé aux 211 fédérations membres, ce plan vise à ouvrir le capital des activités commerciales de l’instance à des investisseurs privés, suscitant un débat intense au sein du monde du football.

Depuis l’annonce, Infantino se retrouve au cœur d’une tempête, avec des confédérations continentales, des fédérations nationales et des syndicats de joueurs exprimant des craintes quant à l’impact financier sur l’avenir des compétitions. L’UEFA a même menacé de retirer ses 55 sélections de toutes les compétitions de la FIFA si le projet se maintenait.

Une société filiale pour exploiter les ressources de la FIFA

La FIFA ne prévoit pas de vendre directement la Coupe du Monde ou son trophée. Au lieu de cela, elle envisage la création d’une société commerciale filiale, la FIFA Forward Enterprise, qui regrouperait ses activités les plus lucratives, telles que les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie et l’organisation des Coupes du Monde masculine et féminine.

L’objectif est de céder environ 20 % du capital pour lever 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros), basé sur une valorisation de 20 milliards. La FIFA promet de conserver un contrôle majoritaire et exclusif. Infantino évoque cela comme une « étape logique » et une « occasion en or » pour « générer autant de valeur que possible ».

Une incitation financière pour les fédérations

Pour persuader les 211 associations membres, Infantino a proposé jusqu’à 40 millions de dollars par fédération pour le cycle 2027-2030, contre 10 millions en cas de statu quo. Chaque fédération recevra 20 millions de dollars par le programme FIFA Forward, avec une enveloppe supplémentaire de 20 millions pour celles participant à la FFE. Sur douze ans, les versements pourraient atteindre 86 millions de dollars par pays.

Infantino a besoin d’une majorité simple de 106 voix, et les fédérations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer, un calendrier critiqué par l’UEFA comme un « ultimatum » et une méthode de « gouvernance par la peur ».

Les investisseurs et le contexte politique

Le consortium d’investisseurs serait dirigé par Thrive Eternal, un fonds fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, conseiller de Donald Trump. J.P. Morgan serait également impliquée, et les investisseurs pourraient verser les 4,2 milliards de dollars dès octobre.

En Europe, les 55 fédérations de l’UEFA ont rejeté « unanimement et sans équivoque » le projet, menaçant de ne pas participer à aucune compétition de la FIFA tant que les propositions demeureraient. L’UEFA dénonce un projet préparé « en secret », affirmant que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation ».

Dans le reste du monde, la Concacaf a également rejeté le projet, tandis que la Confédération asiatique a exprimé des doutes sur la capacité de la FFE à obtenir un consensus. En Afrique, le président de la CAF a appelé à « examiner » le projet, soulignant les enjeux financiers pour de nombreuses nations.

Réactions et conséquences

Les réactions politiques se multiplient, avec des personnalités comme la ministre des Sports française affirmant que « le football n’est pas à vendre ». L’entraîneur Xabi Alonso a exprimé l’espoir que le projet échoue, affirmant que le football doit appartenir au public.

La pression monte alors que la FIFA continue de défendre son projet, blâmant les médias pour des « informations inexactes ». D’ici le 19 septembre, Infantino devra convaincre le monde qu’il n’est pas en train de vendre la Coupe du Monde, tout en demandant l’approbation de ses membres.

Source : Nouvel Observateur

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