Prison : Pourquoi les quartiers dédiés aux narcotrafiquants suscitent des controverses
Le 9 juillet, la Contrôleuse des prisons, Dominique Simonnot, a publié un rapport alarmant concernant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne. Ce rapport met en lumière des pratiques problématiques au sein du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), où sont incarcérés environ quarante narcotrafiquants.
Simonnot évoque des comportements des agents pénitentiaires qualifiés de « fautes professionnelles, voire d’infractions pénales », notamment l’usage systématique de cagoules qui engendrent un « sentiment d’impunité ». Le rapport dénonce également des mes de sécurité excessives, conduisant à une « démarche d’humiliation et de déshumanisation » envers les détenus. Les fouilles, en particulier celles « à nu », sont décrites comme « brutales ou humiliantes ».
Un cadre de détention controversé
L’avocat Vincent Brengarth souligne une « restriction inouïe des droits » des détenus, avec des limitations sévères sur les visites et des conditions de séparation intrusives dans les salles de parloir. De plus, il dénonce une communication dégradante entre surveillants et détenus, caractérisée par des ordres brefs et l’interdiction de contact visuel. Brengarth a saisi la justice administrative sur ces questions, soutenu par d’autres avocats et associations.
Le tribunal a demandé au ministre de la Justice de mettre fin aux comportements inappropriés des agents, sans toutefois remettre en cause l’ensemble du dispositif. Ce dernier avait été validé par le Conseil d’État l’année précédente suite à l’adoption de la loi sur le narcotrafic.
Données et conséquences
À ce jour, aucun détenu placé au QLCO n’a pu obtenir une sortie judiciaire de ce régime, que le ministère de la Justice considère comme un « outil efficace pour lutter contre la criminalité organisée ».
Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité et l’éthique des mes mises en place dans les établissements pénitentiaires, en particulier ceux réservés aux narcotrafiquants.
Source : DNA


