Prison : le modèle Bukele du Salvador pourrait-il s’appliquer en France ?
La politique carcérale de Nayib Bukele, président du Salvador, suscite des discussions en France, notamment sur les réseaux sociaux. Certains internautes suggèrent que son approche, qualifiée de « radicale » contre les gangs, pourrait être un modèle à suivre pour lutter contre la délinquance en France. Au Salvador, cette stratégie aurait conduit à une baisse significative de la criminalité.
Cependant, cette diminution des taux d’homicides, bien qu’impressionnante, s’accompagne de préoccupations majeures liées aux droits humains. En effet, le gouvernement salvadorien a été critiqué pour ses atteintes aux droits fondamentaux, soulevant des questions sur la faisabilité d’un tel modèle en France, où le cadre juridique et les valeurs démocratiques diffèrent considérablement.
Contexte factuel
Nayib Bukele a été élu président en 2019 et a rapidement mis en place des mes strictes contre les pandillas, notamment la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio 18. Depuis l’instauration de l’état d’urgence le 27 mars 2022, plus de 89 875 personnes ont été arrêtées, ce qui représente environ 1,7 % de la population du Salvador, plaçant le pays au premier rang mondial en termes de taux d’incarcération.
En 2025, le taux d’homicides au Salvador est estimé à 1,3 pour 100 000 habitants, contre 104 pour 100 000 en 2015, illustrant une réduction drastique de la violence. Cependant, cette baisse est controversée, car des enquêtes indiquent que les homicides en prison et ceux commis par les forces de l’ordre ne sont pas toujours comptabilisés dans les statistiques officielles.
Données ou statistiques
- 89 875 personnes arrêtées depuis le début de l’état d’urgence en mars 2022.
- 1,7 % de la population actuellement emprisonnée au Salvador.
- Taux d’homicides de 1,3 pour 100 000 habitants en 2025, contre 104 pour 100 000 en 2015.
Des ONG comme Amnesty International dénoncent les conditions de détention inhumaines et les arrestations arbitraires. Environ 470 décès en détention ont été signalés depuis le début de l’état d’urgence, souvent liés à des pratiques de torture.
Conséquence directe
La mise en œuvre d’un modèle similaire en France serait pratiquement impossible sans violer des principes fondamentaux tels que la présomption d’innocence, garantie par la Constitution et les conventions internationales. Les droits humains, la transparence et l’accès à la justice sont des éléments essentiels du système judiciaire français, rendant une telle politique incompatible avec les normes démocratiques.
Source : Le Point, Prensa Latina, Amnesty International, Foreign Policy.

