S’il faut mourir, je mourrai : prison avec sursis pour des surveillants et un infirmier à Béziers

Le tribunal de Béziers a condamné, le vendredi 12 juin, quatre individus — trois surveillants de prison et un infirmier — à des peines de six à 18 mois de prison avec sursis pour négligence ayant conduit au décès de Yassine Toubaoui, en août 2023. Les experts ont estimé que le détenu avait « 90 % de chance » de survivre s’il avait reçu des soins appropriés. Le parquet a annoncé son intention de faire appel des décisions rendues.

Trois surveillants et un infirmier étaient jugés pour « homicide involontaire par négligence et non-assistance à personne en danger ». Un médecin a été relaxé.

Le 11 août 2023, Yassine Toubaoui, 33 ans, a fait un malaise alors qu’il était en fauteuil roulant, après une visite médicale. L’infirmier a suspecté un malaise cardiaque et a demandé des massages cardiaques ainsi qu’un défibrillateur. Malgré l’arrivée des secours, le décès a été constaté un peu plus d’une heure plus tard. Les premiers rapports ne faisaient état d’aucun problème dans la prise en charge du détenu.

Les surveillants ont soutenu que le détenu « simulait » et cherchait à ennuyer le personnel. Cependant, aucun d’eux n’est intervenu pour le mettre en position latérale de sécurité après sa chute. Au moment du malaise, Yassine Toubaoui était en grève de la faim depuis huit jours, refusant d’être placé en cellule d’isolement. Des auditions ont révélé qu’il avait vomi lors de sa visite médicale et avait refusé tous les soins proposés. Un médecin a témoigné que le détenu avait déclaré : « S’il faut mourir, je mourrai », conscient des risques de sa grève de la faim.

Un rapport médical a conclu qu’une prise en charge adéquate dès le 11 mars aurait donné à Yassine Toubaoui 90 % de chances de survie. Les experts ont également noté que le dossier médical du détenu n’avait pas été consulté avec attention.

La défense a soulevé des questions sur la formation des surveillants, affirmant qu’aucune instruction spécifique sur la gestion des crises cardiaques n’était prévue. Le représentant du ministère public a requis 18 mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pour l’infirmier, ainsi que deux ans de prison avec sursis pour les surveillants, accompagnés d’une privation des droits civiques.

Le parquet a décidé de faire appel des condamnations.

Source : Midi Libre

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