Présidentielle 2027 : à la Fête de l’Humanité, Mélenchon et Roussel cherchent à séduire la gauche de la gauche
Devant une foule compacte, Jean-Luc Mélenchon a continué de développer les thématiques économiques et sociales qu’il a mises en avant en cette rentrée politique. Son discours a trouvé un écho favorable auprès du public de gauche radicale, présent à la Fête de l’Humanité.
« Le budget de l’État doit être débarrassé de la charge des aides sans contrepartie au capital », a insisté le candidat insoumis. Il a également appelé les « travailleuses, travailleurs, gens du peuple » à inverser le rapport de force qui les accable, s’en prenant aux « fadaises de la main invisible du marché », une référence à l’économiste libéral Adam Smith.
Mélenchon a critiqué Gabriel Attal, candidat de Renaissance, qui a proposé de remplacer le code du travail par une « Constitution du travail » plus concise. « Qu’ils s’en aillent tous », a-t-il déclaré sous les chants des militants, affirmant le sérieux de son organisation. « Nous sommes le contraire des amateurs. Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés », a-t-il ajouté.
« Plus à gauche » que Mélenchon
Fabien Roussel, le patron du PCF, a officialisé sa candidature le week-end dernier et a tenu son premier meeting de campagne sur la scène principale, où des chants de « Roussel président » ont résonné. Il a exposé son projet communiste, incluant des nationalisations et un appel à la mobilisation populaire. « Nous voulons nous réapproprier notre outil de production », a-t-il déclaré, appelant à « nationaliser une grande banque pour financer l’économie » française.
Roussel a également abordé le sujet de la dette de la France, qualifiée d’« énorme machine à faire taire les peuples ». Son porte-parole, Léon Deffontaines, a affirmé que sur les questions économiques et sociales, le PCF se positionnerait « plus à gauche et radical que Jean-Luc Mélenchon ».
« Aucun enthousiasme »
Mélenchon a pris le leadership de la gauche radicale depuis longtemps, obtenant 21,95 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2022, contre seulement 2,28 % pour Roussel. Les insoumis n’ont pas oublié la candidature autonome du PCF, qu’ils estiment avoir privé leur champion d’une place au second tour face à Marine Le Pen, qui avait terminé avec 420 000 voix d’avance sur Mélenchon. De plus, le PCF avait soutenu Mélenchon lors des présidentielles de 2012 et 2017.
Source : Sud Ouest

