Présidentielle 2027 : désengagement des banques, difficulté à trouver des dons. le coût de la campagne sera-t-il fatal à plusieurs candidats ?
À l’approche de la présidentielle de 2027, le financement des campagnes électorales devient un enjeu crucial. Le Rassemblement national (RN) rencontre des difficultés pour obtenir un prêt de 10,7 millions d’euros auprès des banques françaises, tandis que Raphaël Glucksmann multiplie les initiatives pour récolter des dons. Le parti Renaissance, quant à lui, dispose d’une réserve de 40 millions d’euros, mais d’autres formations, comme Les Républicains, semblent en grande difficulté.
L’argent reste le nerf de la guerre. Lors de l’élection précédente en 2022, Emmanuel Macron avait dépensé environ 16,5 millions d’euros pour sa campagne, suivi de Jean-Luc Mélenchon avec 13,5 millions d’euros. Certains candidats ont été remboursés grâce à des scores honorables, tandis que d’autres, comme Valérie Pécresse, ont dû faire appel aux dons après avoir échoué à atteindre le seuil des 5 % de voix, condition nécessaire pour bénéficier d’une prise en charge par l’État des frais engagés, limitée à 8 millions d’euros.
Alors que la liste des candidats pour 2027 s’affine, plusieurs pourraient être contraints de réduire leurs dépenses ou de se retirer de la course à l’Élysée en raison de contraintes budgétaires. Des figures de premier plan doivent également faire face à cette réalité.
Plusieurs banques refusent de prêter de l’argent au RN
Depuis le 1er avril 2026, tous les candidats doivent recenser leurs dépenses pour les soumettre à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Cette exigence complique la recherche de financements, surtout pour ceux qui n’ont pas de soutien solide. Le précédent de Valérie Pécresse refroidit les prêteurs, avec des craintes qu’aucun banquier n’accorde de prêts à ceux qui pourraient obtenir moins de 10 % des voix.
Malgré sa position de favorite dans les sondages, le Rassemblement national cherche une banque pour un prêt de 10,7 millions d’euros, correspondant au montant maximal remboursable par l’État pour les candidats au second tour. Kévin Pfeffer, trésorier du RN, a rapporté des « retours négatifs » de la part des établissements bancaires français, qui « ne jouent plus le jeu de la démocratie ».
En 2022, le RN avait finalement contracté un emprunt auprès d’une banque européenne et envisage de procéder de la même manière après avoir essuyé plusieurs refus en France. Des demandes de prêt ont également été envoyées à des établissements européens en Italie, Espagne, Allemagne et Hongrie.
Raphaël Glucksmann a anticipé
Raphaël Glucksmann, qui a officialisé sa candidature le 23 août, a anticipé la nécessité de financements en organisant des dîners depuis 2025 pour récolter des dons. Selon Le Parisien, il a rencontré près de 200 personnes, avec une limite de 4 600 euros par donateur.
Dans cette course à l’Élysée, le soutien d’un parti est un atout majeur. Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, dispose de 40 millions d’euros, dont la moitié provient de la vente de son ancien siège. En revanche, Les Républicains, dont la candidature est portée par Bruno Retailleau, peinent à financer une campagne solide. Un cadre du parti a admis qu’ils ne sont pas en me de financer une grosse campagne, comptant uniquement sur les cotisations de leurs 76 000 adhérents.
Une campagne présidentielle peut coûter jusqu’à 16,8 millions d’euros pour le premier tour et 22,5 millions pour les deux finalistes. La question se pose : qui parviendra à réunir les fonds nécessaires, et qui devra abandonner ses ambitions électorales avant même le premier tour, faute de trésorerie ? Les acteurs politiques s’activent en coulisses, espérant éviter de revivre le scénario de Valérie Pécresse en 2022.
Source : La Dépêche

