Présidentielle 2027 : Gabriel Attal de nouveau ciblé par des ingérences russes
La campagne d’ingérences russes dans la campagne présidentielle française s’est intensifiée ces derniers jours, avec de nouvelles opérations visant Gabriel Attal, a confirmé ce vendredi à l’AFP Viginum, le service chargé de la lutte contre les ingérences étrangères numériques.
Mardi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête sur des soupçons d’ingérence russe visant Gabriel Attal (Renaissance) et Edouard Philippe (Horizons), tous deux candidats à l’élection présidentielle de 2027. Début août, des soupçons similaires avaient été évoqués concernant Raphaël Glucksmann (Place publique). Ce vendredi, Viginum a confirmé à l’AFP des informations selon lesquelles Attal avait été ciblé par deux nouvelles opérations de désinformation liées à l’ingérence russe.
Cette campagne se caractérise par une série de vidéos diffusées depuis plusieurs jours, comportant des narratifs souvent inauthentiques, manifestement inexacts ou trompeurs, diffusés par des moyens inauthentiques, selon Viginum. L’une des vidéos a été détectée le 12 août 2026 sur la plateforme X, montrant une projection sur un des murs du Panthéon à Paris d’une caricature de Gabriel Attal. Une autre opération, datée du 19 août, a révélé la publication d’au moins cinq faux reportages et cinq fausses unes de médias français et européens, y compris un faux de l’Agence France-Presse.
Les publications véhiculent des narratifs variés, tels qu’une prétendue maladie de Parkinson de Gabriel Attal ou l’implication de proches du candidat dans des cyberattaques contre l’administration fiscale française. Les auteurs de ces opérations ont recours à des techniques d’amplification artificielle, notamment l’achat de vues.
Depuis le début d’août, quatre opérations de désinformation ont visé Gabriel Attal, qui a déjà déposé plainte. Contacté par l’AFP, le collectif Antibot4Navalny, qui surveille les opérations d’influence liées à la Russie, a noté que le nombre de vues des faux reportages était artificiellement gonflé, estimant qu’il se chiffre à « quelques centaines de vues organiques par vidéo ».
Viginum a regretté la publicité faite autour de ces opérations, affirmant qu’elle donne « plus de visibilité à des contenus qui ne sont que très peu vus par les citoyens ». Le service a souligné que cela correspondait au but recherché par les opérateurs, qui cherchent à saturer le débat public et à compliquer la vérification des journalistes.
Ces opérations sont attribuées à un mode opératoire prorusse dénommé « Matriochka », actif depuis 2023, qui repose sur la diffusion coordonnée de faux contenus sur les réseaux sociaux, relayés par des utilisateurs interpellant les médias pour qu’ils examinent les fausses informations.
(avec AFP)



