Le oud Ramal, un joyau marocain à préserver
Publié le : 07/08/2026 – 14:23
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Né en France, Yacine Fadhil, membre des Ambassadeurs de la Musique andalouse marocaine en France, s’est donné pour mission de faire revivre le oud Ramal, un luth marocain rare, au croisement des traditions arabo-andalouses et de la pensée musicale antique.
« El oud » signifie « bois » en arabe, un terme qui a traversé l’Europe médiévale pour devenir « luth » en français. Le oud Ramal se distingue par sa caisse ronde, son manche plus long et son agencement spécifique de cordes, qui diffèrent du oud traditionnel oriental. Fadhil utilise une plume d’aigle pour jouer, tenant l’instrument avec une technique précise.
Retourne avec ses parents à Oujda, au Maroc, à l’âge de trois ans, Fadhil commence sa formation musicale à sept ans. Il s’initie d’abord au oud Sharqi, le oud oriental, avant de se spécialiser dans la musique arabo-andalouse.
Désormais membre des Ambassadeurs de la musique andalouse marocaine, Yacine Fadhil préserve le oud Ramal, un instrument dont la première mention date de la fin du 17e siècle, à l’époque du sultan Moulay Ismaïl. Son utilisation a perduré jusqu’au Congrès de musique arabe du Caire en 1932, avant de sombrer dans l’oubli.
Un instrument menacé, recréé grâce à des passionnés
À partir de la moitié du XXe siècle, l’influence des chanteurs arabes, tels qu’Oum Kalthoum, a conduit à l’importation de ouds orientaux, entraînant une perte d’intérêt pour le oud Ramal. Ce dernier a été redécouvert dans les années 90 grâce au travail de musiciens et de luthiers passionnés.
Des artisans comme Carlos Paniagua et Christian Rault ont joué un rôle crucial dans la recréation de cet instrument. Le oud Ramal conserve ses particularités, notamment dans la disposition de ses cordes, qui nécessitent une technique de jeu spécifique.
Le oud Ramal, instrument thérapeutique
Ce luth est également associé à la pensée grecque antique, reliant ses cordes aux quatre éléments et aux humeurs de la médecine hippocratique. Au Maristan de Sidi Frej à Fès, des musiciens jouaient pour apaiser les malades atteints de troubles psychiques.
Le oud Ramal, bien qu’ayant failli disparaître, continue d’enchanter par son son unique et sa riche histoire, témoignant de l’importance de préserver ce trésor musical marocain.
Source : RFI



