Le siège de l’Arcom à Paris, le 19 septembre 2025. THIBAUD MORITZ / AFP
Un rapport publié par l’Arcom ce 12 mars révèle un constat alarmant : près de 20 000 messages sexistes ont été recensés en seulement quatre mois sur les principales plateformes numériques. L’autorité de régulation du numérique souligne la nécessité d’une coopération renforcée pour modérer ces contenus problématiques, souvent hors-la-loi ou en zone grise. Sur les 19 600 messages identifiés, la majorité provient de X (ex-Twitter) et YouTube.
• Thématiques des messages sexistes
Le rapport met en avant plusieurs thématiques récurrentes : masculinité et virilité, antiféminisme, critique des femmes progressistes, transphobie, pornographie, insultes sexistes, et stéréotypes genrés liés à la nationalité et au racisme. L’intelligence artificielle a été utilisée pour identifier certains de ces messages.
• Lacunes dans la régulation
Malgré l’obligation pour les moteurs de recherche et les plateformes de réduire ces risques au sein de l’Union européenne, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a souligné que le monde numérique souffre d’une régulation incomplète et de contenus en nombre incalculable.
À titre d’exemple, Laurence Pécaut-Rivolier, membre du collège de l’Arcom, a cité un message trouvé sur les réseaux sociaux : « Laisser une totale liberté aux femmes et elles deviennent des putes sociopathes. » Ce type de contenu, bien que jugé « gris », pourrait devenir problématique en cas de répétition.
L’Arcom, qui a examiné ce sujet à l’occasion de la Journée des Droits des Femmes, vise à aider les plateformes à mieux identifier les contenus à risque, tout en protégeant la liberté d’expression. L’autorité encourage également une collaboration accrue entre les plateformes et les autorités pour partager les bonnes pratiques de modération.
• Profil des auteurs des messages
Les auteurs de ces messages ne sont pas exclusivement des hommes : 42 % des messages ont été publiés par des comptes se déclarant masculins, 32 % par des comptes féminins, et 26 % par des comptes sans indication de genre. Cela montre que les stéréotypes et injures sexistes sont largement banalisés dans les échanges numériques.
