Des croquettes pour les chiens, du sel pour les brebis et trois mois de nourriture pour le berger
Lescun, vallée d’Aspe – Didier Hervé, directeur de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB), supervise chaque année les opérations d’héliportage pour les bergers qui partent en estive avec leurs troupeaux. Ce mercredi 17 juin, il a rappelé l’importance de la sécurité lors du dernier briefing avant le départ des hélicoptères.
« À 2 mètres, vous êtes dans la zone de mort immédiate. Restez accroupis », a-t-il déclaré à une quinzaine de personnes réunies sur une aire herbeuse. L’équipe, composée d’éleveurs, de bergers et d’amis, s’apprête à embarquer dans l’Écureuil H125 de la société Héli-Béarn pour rejoindre les cabanes d’estive.
Les vols doivent se dérouler rapidement, car chaque minute d’hélicoptère coûte 30 euros, ce qui impose une organisation minutieuse. Les éleveurs ont préparé leurs affaires, regroupées dans des filets ou des « big bags » blancs, contenant tout le nécessaire pour plusieurs mois en montagne.
Hélène, de la ferme de Sesque, précise : « Nous montons des croquettes pour les chiens de protection, du sel pour les brebis et les vaches, des bouteilles de gaz, et trois mois de nourriture pour le berger. »
Cette année, un changement notable se profile avec l’installation d’une salle de traite en béton à la cabane de Bonaris, à 1 700 mètres d’altitude. Michel Rachou-Langlatte, qui supervise les opérations, admet que l’évolution est nécessaire mais souligne les contraintes associées, telles que le coût de l’hélicoptère et l’approvisionnement en granulés.
Élise Seger, qui gardera un troupeau de 450 brebis, se prépare à une saison de traite quotidienne. « C’est la première année que je monte ici. Je vais être la seule salariée, mais ma famille m’aidera au début », explique-t-elle.
Ces opérations d’héliportage soulignent l’importance du travail pastoral et la nécessité d’adapter les méthodes aux exigences modernes tout en préservant le mode de vie traditionnel des bergers.
Source : Sud Ouest
