De 8 000 à 66 000 prénoms : l’inventivité croissante des parents français
En quête d’originalité, les parents français affichent une créativité de plus en plus marquée dans le choix des prénoms pour leurs enfants. Selon une étude de l’Insee publiée le 16 septembre, en 1946, un tiers des garçons (33 %) et près d’un quart des filles (21 %) portaient l’un des cinq prénoms les plus populaires, avec Jean et Marie en tête. En 2025, ces chiffres ont chuté à seulement 6 % pour les garçons et 4 % pour les filles.
Historiquement, le choix des prénoms en France a été restreint pendant 150 ans par la loi du 1er avril 1803, qui limitait les prénoms à ceux figurant dans le calendrier ou à des personnages historiques. Une révision en 1966 a facilité l’attribution de prénoms d’origine étrangère, mais il a fallu attendre le 8 janvier 1993 pour que le droit de choisir librement le prénom de son enfant soit consacré par la législation, à condition qu’il ne soit pas contraire à l’intérêt de l’enfant ou d’un tiers.
La diversification des prénoms a véritablement commencé après la Seconde Guerre mondiale, en période de baby-boom. Le nombre de prénoms distincts est passé de 8 007 en 1946 pour 869 000 naissances à 65 940 en 2025 pour 643 905 naissances. Le prénom Marie, qui a atteint son apogée en 1947 avec 32 780 naissances, a été attribué à plus de 700 000 filles sur 80 ans, mais n’a été donné qu’à 510 petites filles en 2025.
L’Insee souligne également que de plus en plus d’enfants portent des prénoms uniques, souvent en raison de leur orthographe ou de leur originalité. Depuis 1946, la part de ces prénoms a lentement augmenté, puis de manière accélérée depuis 1993. Sur les 864 600 prénoms portés par les personnes nées en France depuis 1946, 607 000 ont été attribués une seule fois.
Les cycles de popularité des prénoms se raccourcissent également. Les prénoms émergent, se diffusent rapidement, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Par exemple, en 2025, Louise est le prénom féminin le plus attribué, donné à 3 070 bébés, tandis que Gabriel a été attribué à 4 650 nouveau-nés, le plaçant en tête pour les garçons.
Cette évolution dans le choix des prénoms reflète des changements socioculturels, illustrant les enjeux liés à l’identité et à l’appartenance sociale.
Source : Insee

